Dans leur comic strip

Dans leur comic strip

L’automne n’a jamais été aussi coloré au MAMAC, avec l’exposition She-Bam Pow POP Wizz ! Les Amazones du POP. Imaginée à l’occasion des 30 ans du musée niçois, elle réuni près de 40 artistes européennes et nord-américaines, du 3 octobre 2020 au 28 mars 2021.

Toute une génération d’artistes amazones prend le contrôle des salles d’exposition du MAMAC. Parmi elles, la grande Niki de Saint Phalle qui insuffle depuis 18 ans déjà un souffle de vie au sein du musée, à qui elle a fait une donation exceptionnelle en 2002. C’est l’occasion de revenir sur le face à face entre la France et les États-Unis entre 1961 et 1973, partagé entre le Nouveau-Réalisme et le Pop Art. Ce dernier fait l’objet d’un nouveau langage artistique aux couleurs multicolores et vibrantes, que l’on retrouve surtout dans les bandes dessinées. Les femmes y sont omniprésentes, toujours représentées pulpeuses et ondulantes, mais surtout passives : le but des amazones est de délivrer le sexe féminin de ce destin. Apparaît alors une image de femme forte, affirmée et provocante qui supplante celle vulnérable et délicate.

Niki de Saint Phalle, Session de Tir sur les collines de Malibu, 1962 © William Claxton / Courtesy Demont Photo Management

Le Pop Art envisage un autre monde, meilleur en proposant de nouveaux objets et environnements. Cette génération de femmes croit donc fondamentalement en un futur progressiste d’ambition humaniste : une sorte d’Eden excentrique et bariolé. Héroïnes libres, puissantes, sensuelles, hors normes et hors cases ; elles incarnent un nouvel idéal, le même qui enclenchera la libération des mœurs dans les années soixante. Leurs travaux ne se limitent pas aux frontières terrestres : elles explorent la Lune, la galaxie et les potentielles cultures extraterrestres.

Le but est de communiquer un message d’acceptation de l’Autre, de l’étranger, de surmonter les différences de classe et de genre. Love is all we need est la philosophie de vie de ces amazones progressistes. Cette déclaration de paix et d’amour est d’autant plus renforcée par le contexte de guerres de décolonisation qui déchirent les populations à l’époque. On note alors une volonté profonde de liberté, d’indépendance qui investit toute la société et bouleverse les codes préétablis. Il s’agit de désenclaver le monde jonché de séparations, faire l’amour et non la guerre. Le Pop Art entraperçoit pour la première fois le spectre d’une modernité complexe et cynique, redéfini par près de 40 artistes européennes et nord-américaines, au travers de 165 œuvres (installations, peintures, films, assemblages…). Quand l’audace rencontre la lucidité pour notre plus grand plaisir…

Jusqu’au 28 mars, MAMAC, Nice. Rens: mamac-nice.org

(illustration : Évelyne Axell, Ice Cream 1, 1964, Huile sur toile, 80 x 70 cm, Collection privée, Courtesy Bounameaux Art Expertise, Bruxelles © ADAGP, Paris 2020. Tous droits réservés)