[INTERDIT] Le charme et l’esprit

[INTERDIT] Le charme et l’esprit

Malgré ” l’interdiction ” faite aux lieux culturels de rouvrir (à nouveau) leurs portes ce 7 janvier 2021, et pour marquer (à nouveau) notre mécontentement, nous avons décidé de publier (à nouveau) les articles concernant les événements qui n’auront pas lieu, en apposant cette mention [INTERDIT] dans le titre. Nous n’avons plus envie de simplement nous adapter et de taire les efforts engagés par des centaines d’artistes, de programmateurs, de producteurs, de salariés du secteur culturel pour cette reprise. Leur travail est fait, le nôtre aussi… Pour rien !

Si tout va bien, La Dame Blanche, opéra-comique en trois actes de François-Adrien Boieldieu, sur un livret d’Eugène Scribe, sera à l’affiche de l’Opéra de Nice en ce mois de janvier 2021, dans une mise en scène de Pauline Bureau.

À la fois opéra-comique fondateur du genre et grand spectacle romantique, cette œuvre tirée de deux romans de Walter Scott fut l’un des plus grands succès du 19e siècle français. Il a été joué plus de 1 000 fois lors de sa création puis est tombé en désuétude au 20e siècle, avant de connaître un regain d’intérêt.

C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart, on n’a pas écrit un opéra-comique de la valeur de celui-ci” dira le compositeur Carl Maria von Weber. Même Hergé s’en est inspiré pour la fin du Trésor de Rackham le Rouge. Pauline Bureau est connue pour ses textes et mises en scène autour de faits ou phénomènes de société, qui lui valent souvent le qualificatif de “dramaturge du réel” : la question du genre avec Modèles en 2011, le scandale du Mediator dans Mon Coeur en 2017, le “procès de Bobigny” qui mena à la loi sur le droit à l’avortement dans Hors la loi en 2019… Ici, elle semble s’éloigner radicalement du contemporain pour plonger dans l’univers gothique et romantique de La Dame blanche.

Les éléments-clés ? 1759, dans un village écossais. Un château en déshérence hanté par une mystérieuse Dame blanche, des paysans loyaux, mais crédules, une orpheline courageuse, un soldat amnésique et chevaleresque, un intendant cupide, un juge corrompu… Tous les éléments sont réunis pour un mélodrame plein de rebondissements, de passages secrets et d’apparitions fantomatiques de ceux que le genre de l’opéra-comique sait si bien nous offrir. Pauline Bureau exhume de La Dame blanche des thèmes pourtant plus modernes, comme la dimension psychanalytique du retour aux racines des personnages, leur évolution caractéristique du romantisme, notamment grâce à la découverte de l’amour…

En attendant le mois de janvier et cette série de représentations lyriques, vous pourrez retrouver d’ici là l’Orchestre Philharmonique de Nice lors des traditionnels concerts de Noël à l’Opéra de Nice et du Jour de l’An à l’Acropolis et à Tourette-Levens… Si tout va bien.

17 au 21 jan, Opéra de Nice. Rens: opera-nice.org

(photo Une : La Dame Blanche © Christophe Raynaud de Lage)