21 Juil Lucie Couturier, lumineuse oubliée
À l’occasion du centenaire de la disparition de Lucie Cousturier, le Musée de l’Annonciade de Saint-Tropez consacre une exposition monographique à cette artiste, figure aussi brillante que méconnue du néo-impressionnisme.
Formée dans l’atelier de Paul Signac, Lucie Cousturier (1876-1925) participe régulièrement au Salon des Artistes Indépendants à Paris. Si elle adopte les principes du divisionnisme, elle développe rapidement un style personnel : d’abord très rigoureuse, sa touche gagne en souplesse et en ampleur, évoluant vers des aplats de couleurs vibrantes, posés en touches fragmentées.
Son œuvre reflète les lieux où elle a vécu : les toits parisiens baignés de lumière, les scènes de promenade au Bois de Boulogne, puis, plus tard, les paysages éclatants de la Provence. Chaque toile est imprégnée de sensibilité et d’observation, à la fois picturale et humaine. Dans les années 1920, un voyage en Afrique de l’Ouest marque un tournant décisif. Lucie Cousturier y délaisse partiellement l’huile au profit de l’aquarelle, qui lui offre une plus grande spontanéité. Mais surtout, ce séjour fait naître une conscience politique aiguë : elle s’insurge contre les injustices coloniales, écrit, milite, peint sur le vif et donne une voix aux colonisés — une position résolument avant-gardiste pour son époque.
Cette rétrospective réunit une soixantaine de peintures à l’huile et d’œuvres sur papier, retraçant le parcours singulier de cette artiste engagée. « Je ne lui ai jamais entendu dire une banalité, elle n’imite personne et d’elle-même va au juste, au beau, au vrai« , affirmait Paul Signac, que le musée tropézien avait mis à l’honneur en 2022. C’est donc une œuvre sensible, lumineuse et profondément humaine, que l’on nous invite à (re)découvrir ici.
Jusqu’au 14 nov, Musée de l’Annonciade, Saint-Tropez. Rens: saint-tropez.fr
photo: Lucie Cousturier, Collection particulière © LaurentFerry