11 Déc Benjamin Millepied : retour en enfance
À l’occasion des fêtes de fin d’année à Nice, le chorégraphe Benjamin Millepied reprend sa version néo-classique aux couleurs acides et pop de Casse-Noisette, qu’il avait créée pour la première fois à Genève il y a 20 ans, et qui sera interprétée par 22 danseurs du Ballet Nice Méditerranée, du 17 au 31 décembre.
Replongeant dans le rêve éveillé au Pays des gourmandises de l’enfant Clara, au milieu des jouets un soir de Noël, dont un casse-noisette qui se transforme en prince charmant, Benjamin Millepied profite de cette reprise, 20 ans après sa création, pour réajuster le rythme de sa chorégraphie de jeunesse au diapason d’une génération nouvelle toujours plus vive, pour un retour aux sources et à l’enfance.
« Casse-Noisette a été l’une de mes premières grandes opportunités en tant que chorégraphe. Je la dois à Philippe Cohen, alors directeur du Grand Théâtre de Genève. J’ai créé cette production avec Paul Cox, un illustrateur et peintre français fantastique« , explique le chorégraphe français. « Son univers graphique, à la fois singulier, joyeux et coloré, s’accorde à merveille avec la féérie de Casse-Noisette. Il a conçu l’ensemble des costumes et des décors. Vingt ans plus tard, le Ballet de l’opéra de Nice m’a proposé de remonter cette version. Pour l’occasion, j’ai rechorégraphié certaines parties, tout en restant entièrement fidèle à la partition de Tchaïkovski« , interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Nice, sous la direction de Daniel Gil, et le Chœur de l’Opéra Nice Côte d’Azur.
La danse a toujours habité Benjamin Millepied qui a grandi à Dakar auprès d’une mère danseuse qui l’enseigne au son du sabar (tambour), et d’un père entraineur sportif et musicien. Au contact de ses parents, Millepied, que tout geste dans son absolue perfection fascine, est entré dans la danse en sautant à pieds joints dans le rythme et le mouvement. « Dès que j’ai su marcher, je me suis mis à bouger instinctivement, d’où probablement une sensibilité particulière aux variations rythmiques. (…) J’avais de la musique, de la danse de partout. J’ai eu une vraie liberté, mes parents ne m’ont rien imposé… » Il intègre les premiers ballets à 11 ans. Rebuté par la discipline militaire de l’Opéra de Paris, il entre sur dérogation à 13 ans au Conservatoire National Supérieur de Lyon, puis part New York étudier à la School of American Ballet.
Millepied raconte qu’il a démarré ses spectacles dès l’âge de cinq ans avec La Mort du Cygne de Saint-Saëns. « C’était un moyen d’expression. J’avais des envies, des idées. (…) Mes deux frères sont musiciens et j’étais un enfant très actif, très à l’aise dans son corps. Au début la danse était un désir créatif par rapport à la danse. Ce désir de créer a toujours été en moi. » Et de conclure : « Chorégraphe est un autre métier, un chemin à part entière. On apprend à devenir chorégraphe en devenant chorégraphe« . Tout part des rêves d’enfance…
17 au 31 déc, Opéra de Nice. Rens: opera-nice.org
photo : répétitions Casse-Noisette © Mathilde Fanet