Vence, aux rythmes du monde

Vence, aux rythmes du monde

Rendez-vous du 10 au 19 juillet pour la 28e édition du festival Les Nuits du Sud à Vence. Six soirées éclectiques et familiales — gratuites pour les moins de 12 ans — vont faire vibrer la place du Grand Jardin.

Niché au cœur d’une ville de 20 000 habitants, ce festival cultive sa singularité, comme le rappelle son directeur, Jérémie Charton : « Au-delà de la qualité scénique, c’est la proximité. C’est formidable pour les festivaliers ! On peut voir les artistes et apprécier leur jeu de scène à seulement quelques mètres, contrairement aux grandes salles où on les regarde sur des écrans. » Ici, « on peut dîner à la terrasse d’un resto et voir son artiste préféré ».

Les festivités s’ouvriront avec la chanteuse, autrice et compositrice franco-camerounaise Sandra Nkaké, dont la voix magnétique et engagée transportera le public dans les notes d’une soul vibrante assaisonnée de jazz, rock et folk. Place ensuite au groupe aixois Deluxe : moustaches, énergie débordante et groove explosif entre hip-hop, funk et électro sont au programme.

Le lendemain, un souffle jamaïcain se répandra sur Vence avec The Gladiators et leur reggae militant, suivis de The Congos, pour une fusion mystique de traditions caribéennes. La soirée se prolongera avec les Nèg’ Marrons, duo emblématique qui jette un pont entre reggae, dancehall et rap. Révélés en 1995 avec La Monnaie, leur album Rue Case Nègres — disque d’or qu’illustrent des paroles pleines de convictions et de joie de vivre — les propulse deux ans plus tard au rang d’incontournables.

Le 12 juillet aurait dû voir monter sur scène le duo Defmaa Maadef, figures montantes de la pop sénégalaise féministe. Mais « pour des raisons indépendantes de [la] volonté » du festival, elles seront remplacées par le duo GKBL, alias Germaine Kobo et Bella Lawson, révélé en aux Talents Nuits du Sud. Leur musique afro-futuriste audacieuse et viscérale précédera les darons du rap français, IAM, qui fêteront leurs 35 ans de carrière sur la scène vençoise.

Après quelques jours de pause, le festival redémarrera avec Faada Freddy, figure de la soul organique, de retour avec son nouvel album Golden Cages. Son concert, porté uniquement par les voix et les percussions corporelles, promet une communion vibrante, ouvrira la soirée, avant l’arrivée d’Olivia Ruiz, solaire et fidèle du festival, qui fédère chanson française, rythmes latins et électro.

Le voyage se poursuit avec KUTU. Autour de Théo Ceccaldi et de la voix profonde d’Hewan Gebrewold, ce combo franco-éthiopien électrise la scène par une transe englobant jazz, chants azmaris et beats électro-punk. Et que dire de Chinese Man, toujours impeccable sur scène ! Le collectif, né en 2004 à Marseille, proposera un spectacle anniversaire jubilatoire, pour un cocktail musical hautement festif entre hip-hop, électro, reggae, funk et dub.

Enfin, clôture en mode électro, en compagnie du trio brésilien PPJ, aux accents baile funk et techno, et du Niçois The Avener, star mondiale de la deep house, qui n’a pas oublié d’où il vient et régale régulièrement le public azuréen.

Porté par 120 bénévoles, le festival prouve depuis près de trois décennies qu’avec passion, une petite ville est capable créer de grands moments !

10 au 19 juil, Place du Grand Jardin, Vence. Rens: nuitsdusud.com

photo: Kutu ©Virginie Chérie