26 Juin Masques et transmission
Pour sa 10e édition, le Festival international de Commedia dell’arte de Nice poursuit son ambition : faire dialoguer tradition théâtrale et ancrage citoyen. Huit rendez-vous sont encore attendus, dans les théâtres comme dans les quartiers populaires de la ville. Lancé le 20 juin, l’événement se conclura le 5 juillet.
« La Commedia dell’arte, c’est un théâtre qui utilise des masques, mais pas que. Il y a différents types de personnages, le vieux baron qui court après les jeunes filles, les amoureux un peu rêveurs et un peu naïfs, les valets rusés, fourbes… C’est une ‘maquette’ de la société, un théâtre satirique”, rappelle d’emblée Frédéric Rey, metteur en scène, auteur, comédien et directeur du festival.
Encore au programme : le Bourgeois gentilhomme par le Théâtre du Kronope (27 juin), Leonardo : Da Vinci a Milano de l’Atelier Teatro (28 juin) et deux créations en plein air de l’École supérieure d’art dramatique de Versailles qui revisite Molière, Da Vinci, Scala ou Shakespeare. Des classiques qui se frottent au jeu masqué, au verbe acéré, aux corps en tension.
Moment fort du festival : Les secrets d’Arlequin, solo d’Enrico Bonavera, présenté le 29 juin. Ancien élève de Giorgio Strehler, père de la Commedia dell’arte contemporaine, il incarne Arlequin depuis plus de 20 ans. « Ce sont des personnes emblématiques qui marquent cet anniversaire« , résume le directeur. « Carlo Boso et Enrico Bonavera, un des grands maîtres de la discipline, sont deux Italiens associés à la renaissance de la Commedia dell’Arte au XXe siècle. Ce sont de grands messieurs. Ils ont tourné énormément dans le monde.«
Le festival mise aussi sur sa dimension éducative. « On a souhaité mettre un accent sur la transmission, l’éducation. La Commedia dell’arte est un théâtre pour tout le monde. » Toute l’année, des ateliers ont été proposés à 14 classes niçoises dans le cadre du plan Nice 100% Culture à l’école. Et côté grand public, stages pour enfants et masterclass avec Bonavera viennent compléter la programmation.
« La Commedia dell’arte se jouait traditionnellement à l’intérieur dans les palais, pour le roi… et à l’extérieur pour le peuple. On va avoir des spectacles dans des palais et certains dans l’espace public, il y a une volonté d’aller vers le public. La Commedia dell’Arte dit : s’ils ne viennent pas, on viendra à eux, on va chanter et danser sous leur fenêtre. C’est un festival autant dans la demeure des bourgeois qu’au quartier.”
Jusqu’au 5 juil, lieux divers, Nice. Rens: commedia-nice.com
photo : Trio de commedia © La Semeuse