25 Mar De l’ombre à la lumière
Réunies dans un programme intitulé Après la pluie, deux nouvelles pièces entreront au répertoire du Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur, dès le 28 mars prochain. Deux créations de l’Américain Ulysses Dove, qui explorera l’intime et la perte sur une musique de Arvo Pärt, et du directeur du ballet niçois lui-même, Pontus Lidberg, qui célébrera désir et renaissance sur un concerto de Philip Glass.
Créé en 1993, Dancing on the Front Porch of Heaven d’Ulysses Dove est une introspection radicale. Sur le Cantus in Memoriam Benjamin Britten d’Arvo Pärt, la chorégraphie transforme la virtuosité classique en une architecture du silence. Le chorégraphe américain, ancien membre du Groupe de Recherche Chorégraphique de l’Opéra de Paris, a conçu ce ballet comme une élégie face aux ravages du sida, qui l’emportera trois ans plus tard. Fidèle au style « tintinnabuli » de compositeur estonien, souvent associé au mouvement de musique minimaliste, fondé sur des canons superposés qui s’effondrent dans le recueillement, l’œuvre atteint une pureté spirituelle. C’est la première présentation de cette pièce en France !
À l’opposé, Petrichor – nom donné à cette odeur caractéristique que dégage la pluie lorsqu’elle rencontre un sol sec et chaud, d’où le nom du programme – de Pontus Lidberg, célèbre la renaissance. Portée par le Concerto pour violon n°1 de Philip Glass, la danse refuse ici la symétrie au profit d’une fluidité organique. Là où le minimalisme de Pärt cherche le sacré, celui de Glass déploie une énergie pulsative et cinétique. Tels des oiseaux de paradis, les danseurs habitent ce monde renaissant où le lyrisme rencontre la précision technique.
Cette création, initialement conçue pour le Miami City Ballet, marque une étape clé pour le Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur : elle est la première pièce de Pontus Lidberg à entrer au répertoire de la compagnie, depuis sa nomination à la direction en décembre 2024. Succédant à Éric Vu-An, figure emblématique qui a dirigé la compagnie pendant 15 ans jusqu’à sa disparition en juin 2024, le chorégraphe suédois insuffle ici sa vision d’un néoclassicisme tourné vers l’avenir, transformant l’intime en une vibration universelle, lui qui prône un dialogue entre le répertoire classique et la création contemporaine, tout en intégrant les arts visuels et le numérique. Sous son impulsion, le Ballet Nice Méditerranée avait d’ailleurs changé de nom pour devenir aujourd’hui le Ballet de l’Opéra Nice Côte d’Azur. L’invention, la nouveauté, la liberté, autant de marques de fabrique de l’Opéra de Nice, depuis plusieurs années désormais.
C’est deux pièces sont accompagnées en live par l’Orchestre Philharmonique de Nice, sous la direction de Kyrian Friedenberg.
28 mars au 5 avr, Opéra de Nice. Rens: opera-nice.org
photo : Miami City Ballet, Petrichor © Iziliaev