25 Mar Elisabeth Leonskaja : la leçon de piano
À 80 ans, l’immense pianiste Elisabeth Leonskaja sillonne toujours l’Europe et fera halte le 29 avril à Monaco pour célébrer quelques-uns de ses compositeurs fétiches.
Elisabeth Leonskaja a opéré l’admirable fusion entre la rigueur et la technique extrême de l’école russe, où elle a fait ses premières armes, et l’atmosphère musicale de Vienne, où elle a fini par s’installer : « Pour plaisanter, je dis parfois que je vis à Vienne depuis le XVIIIe siècle« , confie-t-elle. Le concert rend hommage en partie à cette ville, avec Mozart, Schoenberg et Schubert, mais aussi aux fondations de la pianiste, avec Chostakovitch.
Le programme qu’elle propose à Monaco est ainsi très équilibré et fait alterner ces compositeurs classiques et modernes dans un parcours révélateur de l’évolution de l’écriture pour piano. En 2026 sortira un enregistrement qu’Elisabeth Leonskaja consacre à quelques concertos de Mozart, et c’est avec sa Sonate n° 18 en ré majeur K. 576 que la pianiste ouvre ce récital : « Il est inaccessible, impossible à atteindre… il faut être dans la justesse du moment« , affirme-t-elle à propos de ce compositeur qui échappe à toute simplification. Le ton est donné.
Puis vient un changement d’atmosphère radical avec les Sechs kleine Stücke d’Arnold Schoenberg, autre Viennois mais d’une école plus radicale, la Seconde École de Vienne : de petites pièces, au lyrisme suspendu.
Dans la Sonate n° 2 de Dmitri Chostakovitch, écrite en 1942, Elisabeth Leonskaja trouve une terre familière, où elle excelle, avec une musique dans laquelle se glissent les incertitudes d’une époque, celle de la Seconde Guerre mondiale.
Pour clore ce récital, Elisabeth Leonskaja a choisi le compositeur avec lequel elle est peut-être le plus en osmose, Franz Schubert, avec sa Sonate n° 17 D. 850, composée en vacances dans les Alpes salzbourgeoises en août 1825. Est-ce le paysage qu’il contemple, la vitalité qu’il éprouve dans cette nature ? Toujours est-il que cette « grande » sonate respire l’optimisme, la jubilation, une façon lumineuse de conclure ce récital.
29 avr, Auditoruim Rainier III, Monaco. Rens: opmc.mc
photo : Elisabeth Leonskaja © Marco Borggreve