Tout l’art du cinéma : 3e volet

Tout l’art du cinéma : 3e volet

Tout l’art du cinéma, 22e saison, entre dans sa dernière ligne droite ! De grands classiques, des pépites oubliées et quelques surprises inattendues attendent le public, entre projections, rencontres et ciné-concerts. Un voyage à travers le temps… et le cinéma, à l’invitation de l’Institut Audiovisuel de Monaco.

La soirée du 18 mars a donné le coup d’envoi de la 3e partie de saison de l’Institut Audiovisuel de Monaco, format adopté cette année pour offrir plus de clarté aux spectateurs. A cette occasion, et en partenariat avec le Printemps des Arts de Monte-Carlo, la Petite salle de l’Institut accueillait une rencontre avec le vidéaste et musicien Robert Cahen, sur le thème De la musique à l’image en mouvement, suivie de la projection d’une demi-douzaine de courts métrages. Une soirée en présence de Bruno Mantovani, directeur artistique du festival de musique monégasque, qui en a précédé une autre : le 22 mars, le Cinéma de Beaulieu projetait l’un des premiers films de Nanni Moretti : Palombella Rossa (1989). Une œuvre singulière qui fait écho à notre actualité, signée par l’un des plus brillants représentants du cinéma italien des années 1990 et 2000, Palme d’or en 2001 à Cannes avec La Chambre du fils.

Et maintenant ? Eh bien, rendez-vous le 31 mars au Théâtre des Variétés, où sera projeté Le Roman de Mildred Pierce de Michael Curtiz (1944). « Moitié mélo, moitié film noir« , selon l’auteur et critique Olivier Eyquem, « ce film a relancé la carrière de Joan Crawford et reflète bien les ambiguïtés morales de l’immédiat après-guerre. » La preuve que Michael Curtiz n’était pas seulement à l’aise dans les films d’aventure avec Errol Flynn, qui l’ont rendu célèbre dans les années 1930 et 1940.

Le 7 avril, le théâtre monégasque diffusera La Ragazza de Luigi Comencini (1963), avec en vedette une superbe Claudia Cardinale, mise en valeur par l’un des maîtres de la comédie italienne. « Chronique incisive et réjouissante de la société, cocktail savoureux d’ironie et d’amertume : c’est ainsi que l’on a souvent décrit, à raison, l’œuvre aux multiples visages de Comencini« , estiment Jacques Kermabon et Vincent Vatrican, programmateurs à l’Institut Audiovisuel de Monaco. « Adapté de l’écrivain Carlo Cassola, le film décrit la fièvre politique qui s’empare de la péninsule italienne au lendemain de la Libération, à travers la relation entre un partisan communiste en fuite et une jeune Toscane farouche et rêveuse, à l’amour obstiné. »

Le 14 avril, le cycle Comédie américaine permettra de se régaler avec Cette sacrée vérité de Leo McCarey (1937), dont Jacques Lourcelles écrivait dans son Dictionnaire des films: « Sans atteindre les sommets de ses plus grands chefs-d’œuvre, le film possède une perfection quasi intemporelle. » Le lendemain, en pleine période de vacances scolaires, la Petite salle de l’Institut accueillera une séance spéciale destinée à voyager aux origines du cinéma d’animation et à entrevoir l’imagination fertile de ses créateurs à travers un motif animalier cher aux dessins animés : les oiseaux. Le titre de ce rendez-vous : Ainsi font, font, font… les oiseaux au cinéma !

Le 28 avril, place à une fable écologique avec Le Mal n’existe pas de Ryûsuke Hamaguchi (2023), figure montante du cinéma japonais contemporain, notamment couronné d’un Oscar pour Drive My Car (2021). « Sous des approches à chaque fois différentes, ses films, aux capacités d’introspection prononcées, donnent à percevoir une réalité à facettes, l’inévitable incomplétude de toute perception, et dépeignent des existences hantées par le poids d’un invisible et de non-dits« , estime Jacques Kermabon.

La programmation de mai s’ouvrira, le 6 mai à l’Opéra Garnier, par un grand ciné-concert autour de Chantage, film muet d’Alfred Hitchcock (1929), en partenariat avec l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, que dirigera Frank Strobel.

Mais l’un des temps forts de cette 3e partie de saison est attendue le 12 mai, avec un chef d’œuvre absolu, qui a largement mérité sa Palme d’or à Cannes en 1984 : Paris, Texas (1984), point d’orgue de la carrière de Wim Wenders, avec Nastassja Kinski et Harry Dean Stanton, sur un scénario de Sam Shepard. « C’est le film de Wim Wenders le plus limpide, le plus épuré, le plus fascinant, pour ses images contemplatives, traversées de lignes droites et aspergées de taches rouges qui évoquent irrésistiblement les tableaux d’Edward Hopper« , écrira d’ailleurs Jean-Luc Douin dans Télérama. Une œuvre qui ne vieillit pas, à revoir absolument !

Après la projection de Plein air à la Petite salle de l’Institut, le 21 mai, suivie d’une rencontre avec la cinéaste allemande Helga Fanderl, cette saison se clôturera le 26 mai, au Théâtre des Variétés, avec Haute Pègre d’Ernst Lubitsch (1932), film également connu sous le nom de Trouble in Paradise. « Du seul point de vue du style, je pense n’avoir rien fait de meilleur, ou d’aussi bon, que Haute Pègre« , a un jour déclaré le cinéaste. Le débat est ouvert ! D’autant que cette séance se tiendra en présence de Marc Cerisuelo, auteur de l’ouvrage Comédie(s) américaine(s), d’Ernst Lubitsch à Blake Edwards (éditions Capricci).

Bref, entre classiques indémodables, découvertes surprenantes et chefs-d’œuvre contemporains, cette 22e saison de l’Institut Audiovisuel de Monaco se termine sur un feu d’artifice cinéphile. Il ne reste plus qu’à s’installer dans les fauteuils et se laisser emporter… Car le cinéma, à Monaco comme ailleurs, n’a jamais fini de nous étonner.

18 mars au 26 mai 2026, Théâtre des Variétés & Petite salle de l’Institut, Monaco. Rens. : institut-audiovisuel.mc

photo : Paris, Texas de Wim Wenders © Tamasa

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