22 Avr À Correns, les musiques fertilisent le monde
Le printemps est revenu à Correns, comme ailleurs, avec ses promesses de renouveau, de mélanges et d’inventions… Et dans son sillage, le 29e Printemps du monde, initié par Le Chantier, proposera du 22 au 24 mai de nouveaux bouquets musicaux. Une manière de polliniser les musiques et les époques, les souvenirs et les inventions, les héritages et les défrichages.
Une manière, aussi, de « réensemencer nos imaginaires« , indique le directeur artistique du festival Franck Tenaille, dans un monde qui en a bien besoin ! Cette 29e édition se déploie à Correns, premier village « tout bio » de France, dans un havre de verdure qui n’est pas qu’un décor, mais presque une philosophie.
Un nouveau printemps qui présente par exemple la musique du Trio Koskina, qui va s’abreuver aux traditions nombreuses et diverses du plateau anatolien. Autour de la chanteuse et percussionniste Julie Lobato se tissent les noces d’une musique du Proche-Orient et ses échos sur des instruments occidentaux : le violoncelle dialogue avec un oud qui, lui-même, se souvient du saz… Ces aïeux de notre guitare, aux formes élancées, dansent sur des gammes qui nous sont encore étrangères : quarts de ton bourdonnants, rythmes du travail ou de la vie domestique, souvenirs de mélopées ou d’élans derviches venus de Konya. Une création au cœur même de l’ADN du festival.
On retrouve aussi le chœur MezzeM, réuni autour de la chanteuse Sylvia Auclair, ensemble foisonnant qui jongle avec les traditions et les langues, superposant les voix comme autant de strates sensibles. Une sorte de banquet sonore où chaque timbre apporte sa couleur, sans jamais chercher à dominer les autres.
On danse aussi à Correns – et pas qu’un peu. Les balèti s’installent avec le duo Michaël Bourry et Pierre Rouch, explorateurs des répertoires gascons et pyrénéens, entre hautbois, violons et accordéon. Une musique à la fois savante et terrienne, qui fait vibrer les parquets autant que les mémoires. Plus tard, d’autres formes prolongent l’élan : bal intimiste, DJ set aux couleurs tropicales par DJ Milena, ou encore incursions électroniques, preuve que la tradition ici n’est jamais sous cloche mais en mouvement.
Dans cet esprit d’ouverture, le festival multiplie les croisements : classique avec le piano voyageur d’Alex Eghekian, jazz aux accents latins et funky avec le sextet féminin What Elle’s, ou encore dialogues entre instruments anciens et textures numériques avec Miquèu Montanaro, ex-directeur artistique du Chantier et du festival. Intrépide et accessible, il fera danser les plus aventureux…
Puis il y a tout ce qui déborde des scènes : un concert participatif avec Ahamada Smis entouré d’enfants, une initiation à la danse dabkeh venue du Proche-Orient, des cafés-concerts sur la place du village, ou encore des escapades entre patrimoine et art contemporain…
22 au 24 mai, lieux divers, Correns & Châteauvert. Rens: le-chantier.com
photo : Trio Koskina © Marc Samper