Effet papillon

Effet papillon

Le papillon monarque est célèbre pour ses migrations de grande ampleur en Amérique. Chaque année, pour échapper au froid de l’hiver canadien, il parcourt un continent entier, luttant contre les tempêtes, les prédateurs et les maladies pour sa survie…. Le metteur en scène Emmanuel Meirieu s’est inspiré de ces insectes fragiles et courageux pour célébrer les migrateurs humains et non humains, dans sa dernière création sobrement intitulée Monarques.

La pièce suit deux personnages : d’un côté, un parapentiste protecteur de ces papillons qui suit leur migration du nord de l’Amérique jusqu’à un sanctuaire dans les montagnes du Mexique. Il a grandi au Canada et a vu cette espèce passer d’environ un milliard dans les années 1990 à 35 millions aujourd’hui. De l’autre, le périple d’un candidat à l’exil parmi tant d’autres, perché sur le toit d’un train de marchandises qui traverse le Mexique jusqu’à la frontière américaine. Ce monstre de métal, appelé La Bestia, emporte à travers les montagnes, les jungles et les déserts des réfugiés venus de toute l’Amérique du Sud et d’Afrique, qui tentent de rejoindre les États-Unis et le Canada, afin de franchir le mur qui les sépare d’un futur qu’ils espèrent meilleur.

Après Les Réfugiés, Emmanuel Meirieu revient avec une nouvelle pièce forte et humaniste, qui donne la parole aux minorités et aux personnes invisibles. Cette nécessité de raconter ce voyage, le metteur en scène la ressentait déjà il y a un an. Elle est devenue une urgence depuis le retour de Donald Trump et sa politique anti-migrants ultra-agressive.

Sur scène, la pièce est une symphonie d’images et de voix réunies dans un spectacle au visuel assez époustouflant. Le spectateur se laisse d’abord porter par le récit cinématographique du parapentiste, avant de suivre ces migrants, tels des êtres pétrifiés qui hantent le toit de ces immenses wagons.

En contant ces odyssées du Nord au Sud et du Sud au Nord, Emmanuel Meirieu parle de notre monde dans ses abîmes. En jardinier du théâtre, il reboise l’âme humaine et nous offre un peu de consolation. Un moment de poésie et d’espoir à découvrir du côté d’Anthéa, le 26 mai prochain.

26 mai, Théâtre Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

photo : Monarques © Christophe Raynaud de Lage