22 Avr Interdiction des free parties ?
L’adieu à la fête : le tour de vis sécuritaire qui fait trembler la musique électro…
Le couperet est tombé. Jeudi 9 avril, dans une atmosphère de fin de règne pour les libertés festives, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi n°1133. Porté par la députée Horizons Laetitia Saint-Paul, ce texte, voté à une courte majorité (76 voix contre 67), marque un durcissement net de la répression contre les free parties. Le régime est sévère : six mois de prison et 30 000 € d’amende pour les organisateurs – considérés comme tels dès lors qu’ils participent à « la diffusion d’informations pratiques » ou à l’installation « d’un lieu de repos ou de convivialité sur le terrain occupé« . Plus grave encore, le texte instaure pour la première fois une amende de 1 500 € visant directement les participants. Le seuil de tolérance, lui, s’effondre de 500 à 250 personnes. En ligne de mire : le Sénat, en mai, où le texte rejoindra l’ombre de la loi RIPOST de Laurent Nuñez (promesse de deux ans de prison).
« La liberté de danser n’est pas à négocier »
Face à cette offensive réactionnaire, le monde de la nuit s’insurge. « La liberté de danser n’est pas à négocier. À l’heure où l’individualisme et l’autoritarisme prennent de plus en plus de place dans la société, la fête, elle, résiste… » Voici les premiers mots d’une tribune brûlante, publiée dans Télérama et signée par trente personnalités de la musique – de Laurent Garnier à Barbara Butch, en passant par Pedro Winter, Chloé ou Rebeka Warrior –, dénonçant ici une « absurdité ». À leurs côtés, Bruno Blanckaert (Rex Club) et Frédéric Hocquard fustigent ce retour au tout répressif, 25 ans après l’amendement Mariani – subordonnant la tenue des raves à une autorisation préalable du préfet. Contre la caricature, ils rappellent l’essence de la fête : inclusion et partage. Un cri du cœur face à un État qui semble préférer les menottes aux BPM. La culture électro n’a jamais semblé aussi menacée.
Sous les stroboscopes politiques, cette proposition de loi fait tanguer la scène free. Examinée à l’Assemblée nationale en avril 2026, elle déclenche une riposte en ligne. A commencer par le lancement d’une pétition officielle Retrait de la PPL n°1133 sur les rave-parties : pour la défense de nos libertés fondamentales, levier institutionnel nécessaire pour forcer le débat. En parallèle, la plateforme Change.org bruisse aussi : le Collectif Tekno Antirep et la Coordination Nationale des Sons portent une autre pétition, Protéger la free party : contre les dérives sécuritaires de la PPL 1133, tandis qu’élus et acteurs culturels ont lancé Député·es, ne criminalisez pas les free parties !
Dans le viseur des opposants : criminalisation élargie, saisies massives et procès d’une culture jugée trop libre. N’hésitez pas à signer si vous défendez la liberté, l’électro et la gratuité.
photo : Free party © Dadonene89