23 Avr La dernière partition de Liliane Valsecchi
Les Heures musicales de Biot, rendez-vous très prisé des amoureux de la musique classique, jouera sa 42e partition, du 16 mai au 18 juin avec une note mélancolique : sa présidente et directrice artistique historique Liliane Valsecchi, personnage lumineux, s’est éteinte en janvier dernier en pleine préparation de cette édition 2025. Une page de l’histoire musicale et culturelle de la commune se tourne. Mais l’esprit de sa fondatrice demeure, dans un désir de continuité, d’ouverture et d’innovation.
Ce festival qu’elle a hissé au niveau des illustres rendez-vous de la musique permet au public, chaque printemps, de rencontrer les grands solistes d’aujourd’hui et de demain. Car les Heures musicales de Biot, c’est avant tout un festival pour les artistes. Comment Liliane Valsecchi depuis 40 ans parvenait-elle à monter une programmation prestigieuse avec de très grands musiciens invités sur les scènes internationales ? Par le sceau de l’amitié assurément : « Cette fidélité, cette amitié au fil des années m’émeut à chaque fois« , avouait-elle. Et parce que dans l’écrin de la charmante église classée Sainte Marie-Madeleine, chacun y trouve un lieu de rencontre convivial, à échelle humaine. Une atmosphère à l’image de sa directrice, charismatique, épicurienne et chaleureuse, riche de son expérience et de l’amour qu’elle portait à la musique et aux artistes.
Le programme qu’elle nous a légué cette année tient à nouveau sa promesse. Liliane Valsecchi y a convié l’incroyable pianiste Mao Fujita qui ouvrira le festival le 16 mai avec un récital Scriabine, Mozart et Beethoven. En 2017, alors qu’il est encore en première année au Conservatoire de musique de Tokyo, Fujita attire l’attention internationale en remportant le 27e Concours International de Piano Clara Haskil, ainsi que trois autres récompenses. Il n’a alors que 19 ans ! « Fluide, aérien, charmeur, allusif, Mao Fujita est éblouissant de subtilité, de souplesse. (…) Rien n’est agressif dans son jeu, tout parait naturel, spontané quasi improvisé« , a écrit le critique Alain Lompech. « Ce qui frappe d’emblée, c’est sa sonorité : d’une transparence presque irréelle, elle semble fragile en apparence, mais révèle un noyau solide offrant un contrepoids à cette transparence« , peut-on aussi lire dans Crescendo.
D’autres grands moments suivront ensuite en juin. Le public retrouvera — séparément — les frères Capuçon, fidèles amis du festival : Renaud, le 9 juin, entouré de Paul Zientara (alto), Hagen (violoncelle) et Guillaume Bellom (piano), et Gautier, le 18 juin, accompagné au piano par Jérôme Ducros. Ce concert de clôture s’ouvrira avec une autre fratrie : Léo et Luka Ispir, lauréats 2025 de la fondation Gautier Capuçon. Entre ces deux dates, un grand événement : la venue, le 12 juin, du pianiste argentin Nelson Goerner, qui vient de donner un concert éblouissant au Printemps des arts de Monte-Carlo. Merci Liliane.
16 mai au 18 juin, Église Sainte Marie-Madeleine, Biot. Rens: biot.fr
photo : Mao Fujita © Dovile Sermokas – Sony Music Entertainment