10 Sep Combat, tendresse, respect
Jean-Michel Sananes est un poète dont le dernier recueil a pour titre La traversée du jour. Avant sa venue au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, où il présentera un ouvrage historique sous pseudonyme, car il ne souhaite pas mêler poésie et recherche historique, il nous a parlé de sa démarche.
« J’ai toujours refusé de porter une identité d’apparence et j’ai toujours cru à l’engagement« , annonce d’emblée le poète, dont la participation à SOS Racisme 06 lui est apparue comme une évidence pendant près de deux décennies, « car dénoncer sans agir n’a pour moi aucun sens« . Parallèlement, Jean-Michel Sananes n’a jamais voulu que sa poésie soit « seulement une suite de mots agréables à entendre. Je l’ai voulue expression d’un cri, qui parle de la douleur d’être homme quand l’humanité se perd dans les jeux de pouvoir et de domination. Et encore maintenant, de mot en mot, je cherche les vérités fondamentales qui devraient animer nos vies et notre rapport avec elles« . Les mots de la bienveillance seuls ne lui suffisent plus : il lui faut désormais conjuguer les mots combat, tendresse, respect. C’est ce qu’il tente d’approcher dans son recueil de poésie La traversée du jour, dont voici la quatrième de couverture : « Je te regarde, mon âme. Pleut-il quand la frayeur livre combat ? Ai-je peur pour toi, mon âme perdue dans le regard des autres, dans la fluctuation des haines millénaires, ai-je peur pour toi qui m’infliges le devoir de pardonner, toi qui me dictes des poèmes que si peu d’humains lisent vraiment, qu’ils notent d’un émoticône en forme de cœur, ou d’un silence où tant d’oiseaux se perdent…«
Parallèlement à ce recueil, Jean-Michel Sananes présentera l’ouvrage Le chaînon manquant, sous le pseudonyme Hillel Saint-Agnès, car il voulait « séparer [ses] terrains d’écriture« . Intéressé par les textes fondateurs du catholicisme romain, l’auteur a été interpellé par une lettre datant de 404 après J.-C. adressée à Augustin, dans laquelle Jérôme dénonce la multitude de ceux qu’il appelle les « ni Juifs ni Chrétiens« , qui peuplaient l’Empire romain d’Orient, et dont l’existence avait été jusqu’à maintenant occultée. « Voyant des archéologues décontenancés par la découverte d’une antique synagogue ornée de mosaïques représentant des scènes bibliques — alors même qu’il était interdit de recopier l’œuvre de Dieu dans le judaïsme —, par Le chaînon manquant j’apporte une explication qui remet en lumière l’existence des Ébionites et des Nazaréens. Ces synagogues, très nombreuses, étaient celles des disciples de Jésus ayant refusé la doctrine de l’apôtre Paul. » A travers la description de nombreuses mosaïques, il retrace ainsi le parcours de ceux qu’il nomme les Jésusiens.
La traversée du jour de Jean-Michel Sananes (Éditions Chemin de Plume)
Le chaînon manquant de Hillel Saint-Agnès (Éditions Chemin de Plume)