25 Mar Rebattre les cartes
C’est pour dénoncer la condition de certaines femmes dans le monde que Leila Ka a choisi d’intituler son spectacle Maldonne. Une façon d’illustrer une sorte de malchance, de mauvaise pioche dans un jeu de cartes où le simple fait d’être de sexe féminin suffit à vous faire perdre.
Une exploration de la diversité des figures féminines, de ses interprètes sur scène jusqu’aux chansons choisies pour les accompagner, voilà ce que nous propose la chorégraphe Leila Ka, du 9 au 11 avril 2026 à La Cuisine – Théâtre national de Nice. Fidèle à son univers théâtral, et à son goût pour les costumes (et les luminaires), des danseuses évoluent sur scène pour une interprétation originale et contemporaine d’une soirée entre filles, bien loin de ce que les imaginaires communs s’en font. Des gynécées antiques aux pyjamas parties hollywoodiennes, la jeune chorégraphe tente de démontrer par la danse la liberté qu’offrent ces moments de partage féminin.
Une ode à la féminité représentée par les costumes, essentiellement des robes : une quarantaine de pièces, d’occasion, de soirées, de mariées, de chambres, des robes formelles ou détendues, décousues, rapiécées, trop longues, en somme imparfaites, qui finissent par n’en former qu’une au rythme des musiques choisies par la chorégraphe. « Sur scène, elles sont cinq à porter ces robes. Cinq qui transpirent parce que vivantes« , souligne la chorégraphe. Certaines valsent de manière euphorique sur de la musique classique, d’autres expriment la rébellion sur fond d’électro ou sur les sons de la rappeuse Diams, tandis que la mélancolie s’empare des danseuses sur la variété de Céline Dion ou Lara Fabian. Une diversité musicale, chorégraphique et costumière qui ne fait que rappeler la pluralité féminine et inciter à une sororité plus que bienvenue, à l’heure où les droits fondamentaux des femmes sont toujours remis en question.
Quant au titre du spectacle ? « J’aime qu’on entende « madone » dans Maldonne, mais aussi l’idée qu’il faille rebattre les cartes. Il faut recommencer parce que quelque chose ne va pas dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. Il y a encore des combats nécessaires. Dans certains pays, quand on a une fille, c’est raté, il faut recommencer pour avoir un garçon. Il y a maldonne. Quand on voit la place des femmes, il y a aussi maldonne« , conclut Leïla Ka.
9 au 11 avr, La Cuisine – Théâtre national de Nice. Rens: tnn.fr
photo : Maldonne © Nora Houguenade