25 Mar Madame ose Bashung
Seize ans après la disparition d’Alain Bashung, l’univers de cet artiste français iconique continue d’inspirer de nombreux héritiers. Aujourd’hui, un spectacle de la Cie Le skaï et l’osier aussi fantasque que respectueux de son œuvre, porté par trois « créatures » de cabaret, revisite ses titres, la poésie de ses textes et son aura rock.
Dans ce cabaret déjanté, Corinne (Sébastien Vion), Brenda Moor (Kova Rea), Patachtouille (Julien Fanthou), entouré·es de six musiciens, redonnent vie à l’œuvre du chanteur à travers une série de tableaux aussi inventifs que flamboyants. À l’origine du projet, Sébastien Vion, figure emblématique du cabaret parisien Madame Arthur, marqué par le souvenir mémorable d’un concert d’Alain Bashung. « En 1990, à 16 ans, j’ai eu l’immense chance d’être invité à un concert de Bashung à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône où je trainais déjà un peu mes baskets ! C’était lors de sa tournée de l’Album Novice« , relate-t-il. « Ce fut une expérience incroyable, à la fois violente et poétique, bruyante et irrévérencieuse, métallique et sensible… Il me reste encore les mots qui vibrent et les guitares qui s’enivrent ! C’était véritablement une expérience, ce concert était hyper électrique, ils étaient au moins 3 guitaristes sur scène, c’était juste incroyablement beau et explosif !«
C’est donc ainsi qu’il imagine cet hommage : puissant et poétique, conçu comme une revue libre et personnelle. Madame ose Bashung parcourt les grandes étapes de la carrière de légende de la chanson en mêlant titres incontournables et pépites plus confidentielles : d’Osez Joséphine, revisitée dans l’atmosphère d’un saloon, à Vertige de l’amour chanté sur un matelas gonflable, les classiques empruntent des chemins inattendus. Chaque numéro transforme l’héritage de Bashung en un tableau vivant, explosif et profondément habité, invitant le public à une sorte de voyage initiatique dans un univers réinventé.
Réinventé par les coiffures extravagantes de Kevin Jacotot, les costumes scintillants d’Arthur Avellano, ainsi que les bijoux et accessoires audacieux qui nourrissent l’esthétique flamboyante de la troupe. Sur scène, les riffs du guitariste Christophe Rodomisto, la vélocité du piano de Charly Voodoo et la présence d’un quatuor à cordes du Rainbow Symphonique Orchestra amplifient l’intensité du show, prolongé par les vidéos du collectif La Garçonnière. Sans imitation ni pathos, la performance devrait bouleverser les nostalgiques, qui reprendront en chœur le fabuleux La nuit je mens. Car derrière les paillettes et les talons vertigineux battent surtout des cœurs sensibles qui rêvent encore et toujours.
25 avr, Carré Saint-Maxime. Rens: carre-sainte-maxime.fr
photo : Madame ose Bashung © Benoît Fatou