25 Mar « Une perception élargie du théâtre »
Du 18 au 25 avril 2026, Murielle Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice, programme une 4e édition du festival consacré à la magie nouvelle. Une façon d’affirmer « notre volonté d’explorer les formes qui inventent le théâtre de demain« .
L’art de la magie représente aujourd’hui davantage qu’une succession de tours de passe-passe ; c’est un savant mélange de mouvements, d’illusions, de technologies, de poésie… et surtout, de dramaturgie. En bousculant les codes traditionnels de la magie traditionnelle, qu’elle associe à ceux du spectacle vivant, la magie nouvelle « propose une autre manière de raconter, une autre façon de faire surgir les émotions et l’imaginaire« , affirme Muriel Mayette-Holtz, qui a une nouvelle fois convié des artistes et troupes de renommée internationale confirmant que la magie est un art capable de réunir tous les publics, et toutes les générations.
Une grande soirée de gala marquera le coup d’envoi de ces quelques journées magiques, le 18 avril. Elle sera animée par Olmac (Olivier Macia, de son vrai nom), figure incontournable de la scène magique internationale, dont sa spécialité, le « close-up » (tour de magie rapproché, sous les yeux du public), lui a valu d’obtenir de nombreux titres lors de prestigieux concours de magie nationaux et internationaux.
Puis place, les 21 et 22 avril, à la Cie Gandini Juggling qui présentera son spectacle intitulé Heka, du nom de la divinité égyptienne de la magie, un show qui symbolise la parfaite harmonie entre jonglage et spectacle de magie, pour façonner un univers esthétique inattendu. Une chorégraphie envoûtante dans laquelle les objets s’illuminent, disparaissent, flottent dans les airs, plongeant les spectateurs au cœur d’illusions inattendues. Avec ce spectacle, Gandini Juggling entend aussi reconsidérer le domaine de la magie, jusqu’alors essentiellement masculin, en redonnant une place centrale aux femmes, trop souvent affectées à des rôles secondaires.
Les 22 et 23 avril, FauxFaire, FauxVoir réunira trois magicien·nes (Thierry Collet, Nicolas Gachet et Soria Ieng) dans un spectacle non seulement magique, mais aussi interactif. Au-delà de son aspect extraordinaire, Thierry Collet veut avant tout rappeler que la magie est un art trompeur, adepte de la manipulation mentale, du mensonge, du détournement de l’attention… Ce sont ces effets « magiques » qu’il a voulu mettre en scène afin d’interroger les outils qui nous transmettent l’information, façonnant ainsi notre conception du monde : les objets connectés, nos téléphones, nos sens…
Les bambins auront aussi « leur » moment avec Chifumi, un spectacle original et contemplatif accessible dès 2 ans ! Une occasion de stimuler leur imagination, en proposant une mise en scène simple et ludique : un large miroir qui reflète de singuliers personnages – des mains, des feuilles, des ciseaux qui nagent, des cailloux… Une première initiation tout en douceur au monde de l’illusion, en jouant sur de subtiles impressions et des jeux scénographiques, proposée par la Cie Super Trop Top.
En clôture : l’excellent Pierre Rigal ! Le chorégraphe a imaginé le spectacle Hasard, où six danseurs, pareils aux six faces d’un dé, apparaissent et disparaissent au gré d’un décor mouvant et aléatoire. Le hasard, auquel nous sommes tous confrontés durant notre vie, peut aussi bien apporter bonheur que malheur. Et dans tous les arts, toutes les disciplines, qu’elles soient scientifiques ou non, il tient une place prépondérante, déclenchant parfois d’improbables concours de circonstances. Aussi Pierre Rigal a voulu capturer ce hasard, et qualifie lui-même son spectacle de « métaphore gestuelle des coïncidences cruciales de la vie« .
Ajoutez à ces spectacles, deux événements gratuits : un Jeudi littéraire dédié à la magie, en compagnie des comédiens de la Troupe du TNN et un nouveau procès de personnage célèbre. On reste ici dans l’univers d’Harry Potter, puisqu’après Lord Voldemort et Albus Dumbledore, c’est au tour de Bellatrix Lestrange de répondre de ses crimes. Au fond, cette figure du Mal, caractérisée par sa cruauté et son fanatisme, ne serait-elle pas qu’une âme sensible ? Au public de juger !
« En invitant ces artistes qui manipulent le réel autant que le rêve, nous ouvrons notre maison aux écritures hybrides, aux formes audacieuses qui bousculent les frontières traditionnelles du spectacle vivant« , indique la directrice du TNN. Ces créateurs interrogent le regard, déplacent les évidences, et nous entraînent vers une perception élargie du théâtre. »
18 au 25 avr, La Cuisine & Les Franciscains – Théâtre national de Nice. Rens: tnn.fr
photo : FauxFaire, FauxVoir © Julien Helaine