25 Mar La fin des Utopies du Printemps
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin ! Et le festival Le Printemps des Arts, après trois premières semaines exquises, entame sa dernière ligne droite. Clôture le 5 avril.
C’est le Maître, le Cantor, le père (presque) fondateur qui n’est jamais très loin lorsqu’il est question de musique, que l’on retrouve en ouverture de ce quatrième rendez-vous, le 1er avril : j’ai nommé Jean-Sébastien Bach, autour de thèmes qu’il a explorés, la passion et la pénitence ! D’abord à l’orgue de la cathédrale de Monaco, comme il se doit pour un maître de chapelle, sous les doigts et les pieds de l’organiste Olivier Latry, où, en écho à trois de ses chorales, répondront des œuvres plus contemporaines, signées par trois compositeurs du XXe siècle, Marcel Dupré, Olivier Messiaen et Jean-Louis Florentz, reliés par une relation de maître à élève.
Bach, que l’on retrouvera le 3 avril pour un concert de transcriptions pour clarinette, accordéon et marimba au lycée Rainier III. Pour le compositeur allemand, la transcription était monnaie courante, et pour les trois instrumentistes Anne Lepage (clarinette), Fanny Vincens (accordéon) et Jean-Baptiste Leclère (marimba), dont les instruments ne sont pas contemporains du cantor, la transcription fait partie du quotidien.La création, elle, fait partie de l’ADN du festival, qui se terminera sur un véritable bouquet final. Jeudi 2 avril, c’est la créatrice sonore et pianiste Claudine Simon qui, après avoir rencontré le public à 18 h, révélera à 19 h 30, avec la complicité de la comédienne Manon Xardel, de Vivien Trelcat pour l’informatique musicale, et de Lucien Laborderie pour la création lumière, une création mondiale : Une oreille seule n’est pas un être, sur un livret de Bastien Gallet. Le spectacle est une approche sensorielle, auditive et historique du piano, un récit qui retrace, avec des sons et des gestes, l’histoire qui peut lier une interprète à son instrument.
Samedi 4 avril, c’est une autre compositrice, Graciane Finzi, qui livre son univers musical imaginaire inspiré d’un fait historique : le naufrage, dans le Grand Nord, du navire Endurance. Grâce à des archives photographiques, à un travail de la vidéaste Fanny Wilhemine Derrier, à des prises de son de l’Arctique par Diego Liosa, ainsi qu’aux journaux de l’époque lus par Charles Berling, le spectacle devient une œuvre « vidéo-sound-musical » immersive, un projet total comme les aime le septuor de l’ensemble Calliopée, mené par Karine Lethiec.
La journée s’achèvera sur une œuvre « cosmique » : la Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen, une épopée en dix mouvements pour plus de cent musiciens, qui réunira l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, le pianiste Jean-Frédéric Neuburger et l’ondiste Nathalie Forget, sous la direction de Kazuki Yamada. En préambule, une œuvre du saxophoniste Vincent David, Mécanique céleste, jouera avec les sons comme avec les œuvres mobiles d’Alexandre Calder.
Le festival se conclura, le 5 avril, avec une double escale contrastée. À 17 h, à l’Opéra de Monte-Carlo, Berlioz contre les grotesques du dramaturge Dorian Astor, mêlera lecture aux bougies et musique, avec le Quintette Moraguès et la pianiste Claire Désert, révélant un compositeur aussi incandescent qu’ironiquement mordant. Puis à 20 h, le flûtiste Rishab Prasanna et le percussionniste Abishek Mishra déploieront l’art du raga indien dans un échange virtuose.
Jusqu’au 5 avr, lieux divers, Monaco. Rens: printempsdesarts.mc
photo : Karine Lethiec ©Jean-Baptiste Millot