22 Avr Danser pour être un homme
A Vallauris, le 16 mai, l’Espace Grandjean accueille Boys don’t cryd’Hervé Koubi. Accessible dès 7 ans, cette pièce chorégraphique intime et politique interroge ce que signifie « être un homme ».
Dans cette création de 2018, toujours aussi actuelle, le plateau est transformé en terrain de jeu. « Pire », en terrain de foot, traversé par une bande-son où résonnent parfois des commentaires d’un match mythique de 1998, la finale de Coupe du Monde France-Brésil. Des échos qui font qui font évidemment appel à une mémoire collective – quelque peu viriliste, il faut le dire. Pourtant, les sept hommes sur scène ne jouent pas tout à fait le jeu qu’on attend d’eux : ils dansent. Ils sautent, chutent, se relèvent – on distingue le plongeon d’un gardien de but, le tacle d’un défenseur… Il se dégage de cette gestuelle une physicalité, un engagement dans le mouvement, signature du chorégraphe. Mais au-delà de la prouesse physique, qui convoque autant la rue que la scène, le hip-hop que le contemporain, une autre lutte se joue : contre les injonctions sociales et familiales. « Les garçons, ça ne pleure pas » lance un danseur… et ça joue au foot ! « Je crois t’avoir déçu Papa. Je lis sur ton visage. Tu es inquiet, tu as honte. Un jour tu seras fier de moi Papa.« , dit un autre. Des mots qu’Hervé Koubi, d’origine algérienne, adresse notamment à son père.
Pour ce spectacle, le chorégraphe a travaillé avec Fayçal Hamlat, rencontré en Algérie. Entre mots et mouvements, les deux hommes retranscrivent ici des fragments de jeunesse : comme une mère passionnée de foot mais interdite de ballon parce que fille, ou un père qui a peur pour son fils harcelé à l’école… Koubi s’est également adjoint les services de l’écrivaine Chantal Thomas qui a composé avec lui le texte de la pièce.
Bien que traitant un sujet complexe, Boys don’t cry, qui s’adresse à un public familial, est finalement une ode à la joie masculine, collective. Une célébration qui tord le cou à de nombreux clichés en plaçant la fierté au-dessus de la honte. « J’aime la nuit… et dans la nuit je fais des rêves, et dans mes rêves je danse, et je t’entends dire Papa : Je suis là, danse mon fils, je suis fier de toi, danse mon fils, danse…«
16 mai, Espace Grandjean, Vallauris. Rens: FB Le Minotaure06
photo: Boys don’t cry © Nathalie Sternalski