22 Avr Variations sur l’espoir
C’est la fin de saison pour l’Ensemble Baroque de Nice, le 22 mai prochain. La phalange dirigée par le violoniste Gilbert Bezzina dédie son concert de clôture, placé sous le signe de l’espoir, à Jean-Philippe Rameau… et à Ulysse.
Chez Rameau, l’espoir s’exprime notamment à travers la basse fondamentale, procédé d’analyse de la musique qu’il a lui-même inventé, dont la logique harmonique guide sans cesse la musique du chaos vers l’équilibre. Son écriture déploie des tonalités éclatantes et une rythmique vive, comme autant d’élans vers la lumière, incarnant l’esprit des Lumières et une quête de clarté. En érigeant l’harmonie en loi naturelle universelle, le compositeur transforme ainsi l’ordre mathématique en une forme d’optimisme sonore, presque en promesse de progrès.
Lors de cette soirée, l’Ensemble Baroque de Nice invite la jeune soprano Jeanne Zaepffel, qui fera résonner cet espoir sous toutes ses formes, dans un programme qui s’articule notamment autour d’Airs de Jean-Philippe Rameau et du Sommeil d’Ulysse, cantate profane composée vers 1715 par Élisabeth Jacquet de La Guerre, figure majeure du baroque français. L’œuvre illustre un épisode de l’Odyssée dans lequel le héros, endormi par Minerve pour le protéger, rêve des épreuves traversées et de son retour imminent à Ithaque. La partition se distingue par sa richesse expressive et par l’usage raffiné des « sommeils », ce procédé typiquement français qui suspend le temps à travers des harmonies douces et apaisées.
Dernier rendez-vous d’une saison qui abordait la Nature humaine, et reste fidèle à ses rituels jusqu’au bout, cette soirée sera donc accompagnée, les 20 et 23 mai au Cinéma Belmondo, par la projection du film De grandes espérances de Sylvain Desolous, et précédée par un concert gratuit réunissant la soprano Stéphanie Barnerin et la claveciniste Mathilde Mugot, le 16 mai au Palais Lascaris.
22 mai, Eglise Saint-François-de-Paule, Nice. Rens: ensemblebaroquedenice.com
photo : Jeanne Zaepffel © Corentin Koskas