22 Avr Des bancs d’école aux toiles cannoises
À Cannes, le Festival International des Films des Écoles de Cinéma (FIFEC) revient pour une 2e édition, du 4 au 6 mai à l’Espace Miramar. Trois jours pour découvrir, en avant-première, les talents issus des écoles du monde entier, là où naissent parfois les cinéastes de demain.
Dans une petite pièce obscure, un homme armé d’une chaussure essaye désespérément de poursuivre une chose « invisible »… Voilà le synopsis de Doodlebug, court-métrage de 3 minutes bricolé en 1997 par un jeune Christopher Nolan alors à l’University College de Londres. Dépourvu de dialogue, filmé en noir et blanc, cet objet cinématographique contenait déjà les obsessions du cinéaste britannico-américain pour le double, le temps et les pièges de la perception, que l’on retrouvera dans les fantastiques Inception ou Interstellar. Qui se souvient également de Oktapodi réalisé par des étudiants de Gobelins en 2007 ? Une course-poursuite de 2 minutes, mettant en scène un poissonnier et deux poulpes amoureux, qui allait décrocher une nomination aux Oscars et devenir un classique de l’animation contemporaine. Derrière ces films d’école, souvent réalisés avec peu de moyens mais beaucoup d’idées, se dessinent parfois des trajectoires majeures.
C’est ce vivier de talents en devenir que met en lumière le FIFEC. Car en France particulièrement – c’est presque une spécialité nationale, – les films d’école circulent énormément en festivals… Et « explosent » parfois en ligne, à l’instar d’un Best Friend, signé à nouveau de jeunes Gobelins, qui a fait des millions de vues sur YouTube. Porté par la Ville de Cannes, en partenariat avec le Poitiers Film Festival (PFF), référence en matière de cinéma étudiant, le festival s’inscrit dans la stratégie Cannes On Air, qui vise à structurer une filière audiovisuelle d’excellence dans la capitale française du 7e Art, en faisant dialoguer formation, création et diffusion.
Les promesses du format court
Durant trois jours, le FIFEC proposera notamment quatre programmes de courts métrages internationaux issus du PFF, accessibles à tous, et trois rencontres professionnelles avec quelques acteurs des sections parallèles du Festival de Cannes (ACID, Quinzaine des cinéastes, Semaine de la Critique). Des moments destinés à favoriser les échanges entre étudiants et professionnels du cinéma reconnus, comme Prïncia Car, Christophe Leparc, ou Laure Vermeersch. Laquelle se demandera comment saisir la vitalité adolescente dans le cadre contraint de l’établissement scolaire, en prenant appui sur le film Château rouge réalisé par Hélène Milano en 2024.
L’ouverture du festival donnera le ton avec la projection de Domingo familiar de Gerardo Del Razo, lauréat du prix de l’écriture créative de la Ville de Cannes au PFF, suivie d’une rencontre avec la journaliste cinéma Esther Bréjon, qui interviendra par ailleurs lors d’une Masterclass Semaine de la Critique, autour de ce même film. Quant à la création locale, elle sera notamment mise à l’honneur en clôture, avec un programme de films réalisés par les étudiants du Campus Georges Méliès (ESRA, Université Côte d’Azur) et du BTS audiovisuel Carnot.
Bref, le prochain Nolan ou la prochaine révélation de l’animation française est peut-être déjà là, quelque part au milieu de ces réalisations encore anonymes… Charge au FIFEC de ne pas le manquer !
4 au 6 mai, Espace Miramar, Cannes. Rens: cannes.com
photo : Festival International des Films des Écoles de Cinéma (FIFEC) 2025 © MDC