22 Avr Jeu, set et Bach
Du 7 au 19 mai 2026, le festival Play Bach ressort instruments (et platines) pour une nouvelle édition qui, fidèle à son esprit joueur, s’autorise toutes les traversées : du baroque pur jus aux hybridations contemporaines.
Bach, c’est le taulier, der Kaiser, el jefe, celui que d’aucuns surnomment le « Père de la musique ». Véritable pionnier, il a constitué un vaste corpus de compositions pour clavier et instruments à cordes, introduit des innovations techniques et influencé des générations de musiciens et de compositeurs. Autant de raisons qui ont incité le festival à le faire dialoguer avec d’autres époques, d’autres esthétiques, d’autres formats.
Lors de cette nouvelle édition, le concert Leipzig 1726 replongera dans la période fondatrice du cantor en compagnie de l’ensemble baroque La Chapelle Rhénane, dirigé par Benoît Haller, tandis que le projet Cuivres Ensemble transformera le stade Léo Lagrange en agora musicale, fédérant élèves et musiciens autour d’un répertoire partagé. Puis le concert d’orgue de Jérémie Noyer lancera des ponts entre Bach et les Beatles ou Hans Zimmer, quand Electro Bach propulsera le compositeur à l’ère numérique, à coups de samples et d’arrangements décalés signés Jerry Manoukian, alias French Fuse.
Mais avant tout cela, un jeune et talentueux musicien viendra nous rappeler qu’en musique, comme dans bien d’autres domaines, la Deutsche Qualität n’est pas une légende ! À seulement 30 ans, Luca Sestak, pianiste virtuose, compositeur et improvisateur, délivrera, en trio, une relecture des grands répertoires : comme si Bach croisait Frédéric Chopin dans un bon vieux club de jazz ! Le jazz « nous rappelle de ne pas nous prendre trop au sérieux, d’apprécier les moments de légèreté en musique comme dans la vie« , a déclaré le jeune homme. Une phrase à laquelle ce cher Jean-Sébastien aurait certainement souscrit ! Lui qui, derrière une image sérieuse, voire austère, était un bon vivant, notoirement amateur de vin et de bière.
Mais la nationalité et l’hédonisme musical ne constituent pas les seuls points communs entre ces deux artistes que plus de trois siècles séparent… Car si Luca Sestak a débuté le piano classique à 9 ans, c’est indirectement grâce au fiston du maître, Carl Philip Emanuel, qu’il découvre le jazz à 11 ans ! « À l’époque, nous avions un piano numérique capable de lire des disquettes. Par curiosité, j’ai inséré une disquette de démonstration et j’y ai trouvé le Solfeggio en do mineur de C.P.E. Bach, dans une version jazz pour trio inspirée d’Eugen Cicero. J’étais totalement fasciné par ce son nouveau pour moi ; c’était en quelque sorte mon premier contact avec le jazz. » Une composition que l’on peut apprécier dans l’adaptation proposée sur le dernier opus du jeune musicien, Lighter Notes. À noter que le Luca Sestak Trio sera également en concert à Valbonne, le 23 mai.
Avec ce nouveau programme, Play Bach confirme ce qui fait toute sa singularité : un festival qui respecte profondément son sujet, mais refuse de se prendre trop au sérieux, en jouant sur l’alternance entre exigence classique et plaisirs contemporains.
Festival Play Bach, 7 au 19 mai, Pôle culturel Chabran, Eglise Saint-Michel, Stade Léo Lagrange, Théâtre de l’Esplanade, Draguignan. Rens: ville-draguignan.fr, theatresendracenie.com
Luca Sestak Trio: 23 mai, Pré des Arts, Valbonne. Rens: ville-valbonne.fr