22 Avr En vert et avec tous à Cannes
Le Festival International du Film Écologique et Social (FIFES) est de retour à Cannes, pour la 6e année consécutive. Avec un zoom cette année sur la Biodiversité, le FIFES propose projections, ateliers, contes et concerts, le 24 mai, puis du 27 au 31 mai. L’objectif : mettre davantage sous les projecteurs les initiatives environnementales et l’engagement de ceux qui y contribuent.
Plus de pailles et moins de paillettes sur la Croisette ? Au mois de mai, plusieurs festivals autour du cinéma – dont un mastodonte et sa Palme d’Or – se disputent le tapis. Celui qui nous intéresse ici, c’est le Festival International du Film Écologique et Social (FIFES). Cofondé par Sundari Veneroni, enseignante de FLE (français langue étrangère) et illustratrice, et Maxime Giordano, ce festival a pour objectif premier de « rendre visibles les initiatives écologiques et sociales par le médium des arts, et notamment du cinéma. »
Le cinéma au service du vivant
Après le thème de l’eau l’an passé, les organisateurs ont choisi de mettre en lumière la Biodiversité. Les 16 films ainsi sélectionnés seront projetés du mercredi 27 mai au dimanche 31 mai : soit 10 films en compétition internationale, 2 films Jeunesse et 4 longs métrages dans la section Films des territoires. À l’issue de la compétition, 4 prix seront remis : la Graine d’Or, le Prix Coup de cœur, le Prix spécial du jury et le Prix du public. Parmi les œuvres sélectionnées, Yanuni fera l’ouverture. Leonardo DiCaprio est coproducteur de ce documentaire, réalisé par Richard Ladkani, qui évoque le parcours et la lutte de la cheffe indigène Juma Xipaia, l’une des premières à défendre l’Amazonie en dépit de nombreuses tentatives d’assassinat, alors qu’elle est enceinte de sa fille, appelée Yanuni. Une projection en avant-première, suivie d’une discussion avec le réalisateur.
Dans un autre registre, la Grèce sera représentée par le film de György Pálfi, Cocotte, une poule qui s’échappe d’un élevage industriel et dont la vie devient « un œuf, une vie, un combat ! » En Argentine, dans Une chanson pour ma terre de Mauricio Albornoz Iniesta, un professeur de musique, ayant découvert que des avions pulvérisent des pesticides près des écoles, propose d’organiser un « Woodstock environnemental ». Du côté de l’Inde, Marcher dans l’obscurité, réalisé par Kinshuk Surjan, raconte le suicide d’un agriculteur et le difficile chemin de sa veuve et de ses enfants vers l’avenir. En effet, en Inde, les veuves sont traditionnellement abandonnées de tous et connaissent une vie de misère. Un espoir apparaît cependant grâce à d’autres veuves de fermiers. La France n’est pas en reste avec Laurie Lassalle et son film Forêt rouge, qui retrace la lutte de la zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes.
Un parrain, une présidente, des jeunes et un village
Le parrain cette année est Nathanaël Coste, réalisateur, producteur et diffuseur de « films à impact ». Quant à la présidente du jury, il s’agit de Marie-Dominique Michaud, productrice, conceptrice et réalisatrice canadienne. Au cœur de cette programmation, une place de choix est également accordée à la sensibilisation de la jeunesse aux enjeux écologiques et sociaux, avec la projection de deux films, dont le choupinou et engagé Heidi et le lynx des montagnes de Tobias Schwarz. Tandis que le traditionnel Village des initiatives accueillera associations, collectivités, entrepreneurs, artisans et ONG, le dimanche 24 mai. Ce jour-là, un concert philharmonique sera offert au public, sous la direction de six chefs d’orchestre professionnels. Au programme : des musiques de films, bien entendu ! Un concert de musiques afro-caribéennes clôturera quant à lui cette édition.
Un festival d’initiatives toute l’année
Logique oblige, le festival s’inscrit dans une démarche RSO (responsabilité sociétale des organisations). Tout est mis en œuvre afin de réduire au minimum l’empreinte écologique de l’événement, dans le respect de l’équité et de l’inclusion : prêt de matériel, éclairage réduit, alimentation bio, locale et de saison, exclusivement végétarienne ou végétalienne, dons de repas… Et puisqu’un seul événement ne saurait suffire à éveiller les consciences, le FIFES programme, tout au long de l’année, de nombreuses manifestations écologiques et sociales à travers son programme Ô fil des saisons. De quoi aider les questions écologiques à retrouver leur juste place ?
24 au 31 mai, Espace Miramar et Allées de la Liberté, Cannes. Rens: fifes.org
photo : Yanuni © Malaika Pictures