22 Avr Six-Fours : alerte submersion musicale !
La Vague Classique s’apprête à déployer une 6e édition, du 23 mai au 20 septembre à Six-Fours-les-Plages. Au programme : 28 concerts pour plus d’une centaine d’artistes, répartis sur plus de 4 mois, dans 5 lieux emblématiques de la commune.
Exigence artistique, mise en avant de jeunes interprètes et politique tarifaire accessible : voilà le triptyque affiché par le festival six-fournais, qui se veut tout sauf un événement élitiste. Ajoutez à cela des sites patrimoniaux qui participent de cette identité, en offrant des formats variés : du récital intimiste aux soirées orchestrales, en passant par le jazz. Une orientation qui se traduit également par une programmation où se croisent figures reconnues et artistes émergents – parfois lors de la même soirée.
Le piano en fil rouge
Parmi tous les musiciens programmés, l’un d’eux symbolise cette Vague Classique, qui fait la part belle aux coups de cœur de son directeur artistique Gérald Laïk-Lerda, comme à ceux du public : Ryan Wang. L’an passé, le jeune prodige canadien, Grand Prix du Concours national Chopin en 2025, avait ébloui l’assistance lors d’un concert gratuit à la Maison du Patrimoine. Un set de plus de 2h, sans partition, entièrement dédié à… Chopin, forcément. Eh bien, le musicien tout juste majeur revient cette année pour un concert payant, dans la « cour des grands », à la Maison du Cygne le 5 juin. Une soirée au cours de laquelle il interprètera un programme associant des impromptus de Fauré, les variations de la comptine Ah vous dirais-je Maman, composées par Mozart, et Les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, sorte de musée sonore où chaque pièce dépeint une toile imaginaire.
Le piano constituant un fil conducteur pour La Vague Classique depuis son lancement, plusieurs récitals structurent ainsi la programmation. Sont attendus Bruce Liu, autre lauréat du Concours Chopin, le soliste et chambriste français Tanguy de Willencourt avec quatre sonates pour piano choisies parmi les 32 écrites par Beethoven, Vanessa Wagner dans un dialogue entre Bach et Philip Glass, ou encore Nikolaï Lugansky, pour une soirée consacrée à Chopin, encore lui. Il faut dire que le piano était en quelque sorte l’âme sœur instrumentale du compositeur français.
À leurs côtés, une nouvelle génération occupera une place significative, à l’instar de Sophia Liu, Arielle Beck, révélation soliste instrumental lors des dernières Victoires de la Musique classique, ou Jean-Paul Gasparian.
Têtes d’affiche et musique de chambre
C’est en revanche une « star » qui fera l’ouverture du festival, le 23 mai : Philippe Jaroussky et son Ensemble Artaserse poseront d’emblée les bases quant au niveau d’exigence de cette nouvelle Vague Classique, dans un programme centré sur le Seicento, siècle d’or de la période baroque où l’on abandonne la rigueur et l’équilibre de la Renaissance pour privilégier l’émotion et le mouvement. Un répertoire qui a accompagné le contre-ténor tout au long de sa carrière, et qu’il explorera lors de cette soirée dédiée à la musique italienne de Monteverdi et consorts.
Le violoniste Renaud Capuçon sera aussi de la partie, et réunira plusieurs solistes – parmi lesquels la percussionniste Adelaïde Ferrière, autre lauréate des dernières Victoires de la Musique, catégorie soliste instrumental – autour de Schubert et Saint-Saëns, dans un format de musique de chambre élargi.
Le violoncelliste Gautier Capuçon sera quant à lui sur scène à deux reprises, lors de soirées associant artistes confirmés et jeunes lauréats de sa Fondation, notamment dans des œuvres majeures du répertoire romantique. Parrain du festival, c’est un peu grâce à lui qu’est né le festival en 2020, après plusieurs semaines de confinement : le cadet de la fratrie Capuçon avait lancé une aventure musicale itinérante, laquelle avait sillonné les communes françaises, dont Six-Fours, avec des concerts gratuits destinés à recréer du lien avec le public.
Diversité des lieux et des répertoires
Tous les artistes cités ici – ou presque – se produiront dans les jardins de la Maison du Cygne, au cœur du bois de la Coudoulière, site qui accueillera les récitals de piano et concerts de musique de chambre, en mai et juin. Une programmation qui couvre un large répertoire donc, avec aussi quelques incursions dans le XXe siècle, ou encore ce spectacle hybride Les Nuits fantastiques, avec le harpiste Xavier de Maistre et le comédien Lambert Wilson.
En juillet, la musique baroque résonnera à la Collégiale Saint-Pierre, notamment en compagnie de l’Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi, du Quatuor Modigliani, et n’oubliera pas de faire entendre des voix comme Patricia Petitbon et Karine Deshayes. Tandis que le jazz investira la Villa Simone, avec Paul Lay, dans une exploration en trio de la Rhapsodie in Blue de Gershwin, ou avec un programme autour d’Astor Piazzolla sous la direction artistique de la bandonéoniste Louise Jallu.
Enfin, en août et septembre, la Maison du Patrimoine et le Parc de la Méditerranée accueilleront des concerts gratuits plus « grand public » offrant une mise en valeur particulière de jeunes artistes. De quoi élargir les publics, sans pour autant sacrifier la qualité et l’exigence sur l’autel du plaisir.
23 mai au 20 septembre, Maison du Cygne, Villa Simone, Collégiale Saint-Pierre, Parc de la Méditerranée, Maison du Patrimoine, Six-Fours. Rens: sixfoursvagueclassique.fr
photo : Ryan Wang sur scène à Six-Fours en 2025 © La Vague Classique