07 Oct Plan large sur les Antipodes
Du 15 au 18 octobre, les Rencontres Internationales du cinéma des Antipodes invitent à Saint-Tropez à découvrir une production australienne et néo-zélandaise encore trop peu connue du public français.
Il est fort probable que, comme moi, vous ayez des lacunes en ce qui concerne le cinéma australien et néo-zélandais, et vous n’avez pas à en rougir. Voilà donc tout l’intérêt de ces Rencontres Internationales du cinéma des Antipodes : découvrir une quinzaine de longs-métrages et documentaires, et tout autant de courts-métrages – ces derniers en compétition pour le Prix Nicolas Baudin, créé dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la découverte des Terres Australes menée à l’époque par le commandant Nicolas Baudin, et décerné par un jury composé de lycéens de la région.
Créée en 1995, l’association Cinéma des Antipodes a pour désir de partager un cinéma original, à la croisée du cinéma hollywoodien, distrayant et efficace, et du cinéma européen, dont il emprunte la sensibilité et le regard social. Et c’est exactement ce que la sélection de films nous propose. Ainsi, Birthright, comédie noire de la scénariste et réalisatrice australienne Zoe Pepper, suit Cory et sa femme Jasmine, elle enceinte et lui sans emploi, tous deux trentenaires et fraîchement expulsés, se retrouvant à devoir s’installer dans la maison d’enfance de Cory le temps de se remettre sur pied. Oscillant entre mordant et burlesque, le film offre une vision décalée des privilèges, de la crise du logement et d’une génération désabusée. Côté néo-zélandais, Piece of My Heart, comédie dramatique réalisée par Fiona Samuel, traite quant à elle de la réconciliation entre le présent et le passé, entre une mère et son enfant. Flora Thornley, qui avait confié sa fille à l’adoption à l’âge de 17 ans, reprend contact avec elle des décennies plus tard. Un film touchant sur les mères contraintes d’abandonner leur enfant.
En ouverture du festival, Wolfram, western réalisé par Warwick Thornton, nous plongera dans l’Australie des années 1930, dans une colonie minière reculée où se croisent Blancs, Aborigènes et Asiatiques. Tandis qu’en clôture, Spit, comédie de Jonathan Teplitzky portée par David Wenham, suit un ancien petit délinquant de retour clandestinement en Australie, bientôt incarcéré dans un centre de rétention administrative. Notez que ce programme est complété par une exposition de peintures, sculptures et céramiques aborigènes contemporaines d’Australie, présentée par Céline Emery-Demion au Lavoir Vasserot.
15 > 18 oct, Cinéma Le Star, Saint-Tropez. Rens: festivaldesantipodes.com
visuel: Spit de Jonathan Teplitzky © DR