Camus ou la révolte poétique

Camus ou la révolte poétique

Qu’on se le dise, Camus est hip-hop! Les frères Jamal et Hosni M’hanna font dialoguer la pensée de l’écrivain avec une culture née dans la rue, dans une création née d’une rencontre et portée par une même idée : l’émancipation. À découvrir à Nice le 16 octobre, puis à Sainte-Maxime le 18 novembre.

En 2021, alors que la région Sud met Albert Camus à l’honneur, la ville de Roquebrune-sur-Argens invite les danseurs varois Jamal et Hosni M’hanna à créer un tableau de quelques minutes autour de cette figure majeure de la littérature française. C’est un succès tel, que, suite à leur rencontre avec la fille et la petite-fille de l’écrivain, ainsi qu’avec Abd Al Malik, tous présents ce jour-là, les deux artistes se lancent dans la création d’un spectacle complet. « En l’espace d’une après-midi, notre vie a changé !« , reconnaissent les deux frères qui n’étaient alors pas des experts du romancier et philosophe. « On a été touchés par son histoire, d’où il vient, où il a réussi à aller, son côté engagé. » D’autant qu’une certaine cohérence se dégage de leur parcours, eux qui avaient déjà rendu hommage à des personnalités comme Martin Luther King et Gandhi, lors de précédentes créations.

Pour passer de cette poignée de minutes à l’heure que dure aujourd’hui le duo biographique Camus est hip-hop, (dont le sous-titre Entre misère et soleil leur a justement été inspiré par le slameur Abd Al Malik, fin connaisseur de l’œuvre de l’auteur de La Peste et de L’Étranger), les danseurs de la Cie Par-Allèles ont notamment été accompagnés par l’autrice varoise Catherine Verlaguet, « dans l’écriture et la manière de poser les tableaux« .

Le premier d’entre eux commence par le discours de Camus lors de la cérémonie de remise de son prix Nobel de littérature en 1957, texte emblématique sur la place de l’artiste et sur la liberté d’expression. Puis les deux danseurs-chorégraphes varois retracent sa vie, sa relation aux autres, à ses écrits, et établissent un parallèle entre l’auteur, né d’une mère femme de ménage dans un quartier pauvre d’Alger, et le hip-hop, « une culture née aussi dans la rue, qui offre une forme d’émancipation et permet de sortir de sa condition, à travers la danse, le graf, le rap« , soulignent les deux frères. « Ce n’est pas forcément un spectacle « intello », on veut juste faire découvrir qui était Albert Camus, et faire passer un message à la jeunesse : rien n’est impossible !« 

16 oct, Espace Magnan, Nice. Rens. : espacemagnan.com
18 nov, Le Carré Sainte-Maxime. Rens. : carre-sainte-maxime.fr

photo : Camus est hip-hop © Charles Ripon