07 Oct Espace Léonard de Vinci : une saison à partager
À Mandelieu-La Napoule, l’Espace Léonard de Vinci conçoit la culture avant tout comme un terrain de rencontre et de partage. Sa nouvelle saison 2026-2027 s’affirme ainsi comme une invitation à se rassembler, rire, vibrer et s’évader, quel que soit son âge ou ses habitudes de sortie. Du théâtre au jazz, des grandes envolées lyriques aux contes pour enfants, la programmation s’apprête à faire défiler des univers variés, accessibles à tous les publics.
L’étincelle de départ ? Elle sera donnée le 18 octobre par Yohann Métay et sa Tragédie du dossard 512. Un seul-en-scène sportif et burlesque sur les galères d’une course autour du Mont-Blanc, où le fantasme de la gloire sportive se heurte aux limites du corps humain. Entre comique de situation et performance physique, le comédien révèle les doutes, les hallucinations et les délires intimes qui accompagnent cette quête du dépassement. Un coup d’envoi d’autant plus réjouissant qu’il s’inscrit dans le cadre d’Octobre Rose, les recettes de billetterie étant reversées à la Ligue contre le cancer. Une façon de lier le rire à une cause solidaire.
L’humour et la comédie se poursuivent sous d’autres formes tout au long de la saison. On y retrouve le stand-up de Camille Lorente, figure montante à la répartie acérée, ou encore la magie d’Éric Leblon, qui bouscule l’illusionnisme traditionnel à coups de vannes et d’énergie.
Mandelieu Comedy Festival : première !
Ce premier marathon du rire n’est qu’un échauffement pour les zygomatiques ! Du 30 octobre au 1er novembre, le Centre Expo Congrès accueille le Mandelieu Comedy Festival, qui remplace Les Royal’s du Rire. Trois soirées, trois humoristes et une sacrée dose de lâcher-prise. Vendredi soir, c’est Yann Guillarme qui ouvre les hostilités avec son spectacle Libre !. Et autant dire que le garçon ne s’embarrasse guère de politesse. Sur scène, c’est une tornade d’énergie, d’improvisation et de réparties bien senties. Il balance ses travers, assume ses petits côtés beauf et ses contradictions avec une telle sincérité qu’on finit par rire de nous-mêmes.
Le lendemain, changement d’ambiance. Bérengère Krief prend le micro avec un sujet qui fait causer, le Sexe. Pas de malaise en vue, bien au contraire. Avec cette chaleur et ce sens du détail qui la caractérisent, elle s’attaque aux tabous et dépoussière la question du plaisir. On y parle d’intime, de désir et de nos maladresses avec une fraîcheur désarmante.
Puis, pour boucler ce week-end, le 1er novembre, Mathieu Madenian débarque avec une promesse simple : nous faire rire À pleurer. Il faut dire que la vie de l’humoriste a pris un sacré virage récemment. Papa sur le tard, il débarque sur scène pour raconter le bouleversement provoqué par l’arrivée de son enfant et son choc face aux codes de la paternité moderne. Les couches, le vocabulaire des ados, TikTok… Tout y passe, croqué avec l’autodérision qui caractérise son nouveau spectacle.
Du théâtre au jazz, des formats pour tous
Côté théâtre, place aux comédies de situation avec des pièces reposant sur l’efficacité des dialogues et des quiproquos. C’est le cas d’Une bonne bière, une pièce portée par Xavier Martel, qui en signe le texte, et mise en scène par Gilles Dyrek. L’histoire réunit quatre frères et sœur que tout oppose venus organiser, dans la maison de leur enfance, les obsèques de leur père. Entre deux piques, trois souvenirs enfouis et quelques règlements de comptes, les vérités éclatent dictées par ce sens du rythme propre à la comédie. Tout aussi léger, voici le huis clos Entre 2, écrit par Bruno Chapelle et mis en scène par Jean-Philippe Azema, qui piège deux inconnus coincés dans un ascenseur en panne. Obligés de cohabiter le temps d’un dépannage qui s’éternise, ils basculent malgré eux dans un face-à-face inattendu, entre aveux spontanés, confidences forcées et vérités partagées. Deux propositions complices qui s’amusent des travers du quotidien pour mieux refléter toute la complexité des relations humaines.
Changement d’atmosphère avec le volet musical, qui balaie un spectre particulièrement large. Les amateurs de jazz se retrouveront autour de Thomas Galliano ou encore de BE4 (Belmondo Quartet), formation réunissant Stéphane Belmondo, Xavier Richardeau, Thomas Bramerie et Dré Pallemaerts, qui revisite l’esthétique du jazz West Coast de Gerry Mulligan et Chet Baker.
La voix trouve aussi toute sa place grâce aux rendez-vous lyriques de Musical Guest, qui feront voyager de Mozart à Debussy en passant par le bel canto, comme cette immersion poétique autour de l’opéra Pelléas et Mélisande.
Autre temps fort, familial cette fois : Boumshakalaka. En avril, Les Boumboxeurs revisitent le principe de la boum en y injectant une bonne dose de culture hip-hop, de beatbox, de DJing et de danse. Un rendez-vous participatif pensé pour réunir les générations sur le même tempo.
Et pour les amateurs de voyages sonores sans frontières, la venue d’Orange Blossom s’annonce comme l’un des rendez-vous phare de cette saison. Le groupe nantais, porté par le compositeur mexicain Carlos Robles Arenas, déploie sur scène un univers captivant où la puissance des machines électro-rock épouse la grâce des instruments traditionnels et des chants en arabe, persan et portugais. Un véritable maelström scénique et lumineux, porté par une transe communicative, qui prolongera parfaitement le conte sans paroles de Clameurs, projet de Sarah Procissi et de Jean-Christophe Bournine, en 1e partie.
Une saison taillée pour attiser la curiosité qui ne se limite pas aux rendez-vous en salle : la Ville poursuivant son travail d’éducation artistique et culturelle auprès des élèves, des tout-petits, des aînés et des personnes en situation de handicap, forte de plusieurs actions menées directement dans des structures partenaires.
Rens: mandelieu.fr
photo : La Tragédie du dossard 512 © DR