07 Oct La douceur en embuscade
Mélissa Laveaux présentera, le 15 octobre au Théâtre de Grasse, son 5e album At my softest, I am most dangerous, dans lequel la chanteuse, guitariste et autrice-compositrice mêle folk, rock, électro et héritage haïtien. Un nouveau chapitre plus intime et autobiographique, traversé par la mémoire familiale, la mythologie et cette vulnérabilité revendiquée comme une force.
At my softest, I am most dangerous… Le plus suave est donc le plus menaçant… Qui nous susurre cette menace de sirène, d’autant plus inquiétante qu’elle avoue ses noirs desseins ? Est-ce Mélissa Laveaux la chanteuse ou la figure ancestrale de la sorcière séductrice qui vous entraîne au fond des eaux ? Mélissa a cette intelligence diabolique de penduler entre les deux, d’appartenir tantôt au show-business suréclairé, tantôt à ce monde d’ombres qui tentent et terrifient, sans que jamais l’on ne sache si ces serpents à tête de mort vont nous emporter vers l’Enfer ou la volupté. Et elle partage son nom avec Marie Laveau, femme noire libre, prêtresse vaudou qui défiait la société et recueillait les enfants des rues dans la Nouvelle-Orléans du 19e siècle.
Mélissa Laveaux, Haïtienne de Montréal, installée en France, artiste solaire malgré ses zones d’ombres, chante derrière ses lunettes, sa guitare ou son piano. Elle prend les traits d’une fée ou d’une baleine grâce à une voix qui sort du fond de son ventre ou grimpe dans les cintres et prend un malin plaisir à défier les catégories. Parfois mutine, souvent profonde, en français, en anglais, en créole haïtien, elle joue à cache-cache avec nos attentes et avec les étiquettes, folk, rock, caribéenne… Qui sait ce qu’on pourra entendre avec cette artiste hors-mode : une présence intense, une légèreté qui pèse, un immense sourire qui soudain désarme… Voici une surprise qu’on aurait tort de manquer.
15 oct, Théâtre de Grasse. Rens: theatredegrasse.com
photo : Mélissa Laveaux © Elijah Ndoumbe