L’amour triomphant

L’amour triomphant

La saison des Ballets de Monte-Carlo débute le 29 octobre dans le cadre intimiste de la salle Garnier de l’Opéra de Monte-Carlo. C’est en ce même lieu qu’il y a presque 30 ans, le public découvrait Roméo et Juliette incarnés par Bernice Coppieters et Chris Roelandt.

Depuis, avec plus de 400 représentations, ce ballet a fait plusieurs fois le tour du monde tandis que plusieurs compagnies internationales l’ont inscrit à leur répertoire. Son chorégraphe, Jean-Christophe Maillot, a véritablement posé à travers cette œuvre les fondements de son écriture : raconter des histoires d’amour qui font vibrer et résonnent en chaque être humain. Car quel est l’intérêt de créer si cela ne fait pas naître un tumulte d’émotions dans le cœur de celui qui partage ce moment ? 

La potion magique du chorégraphe passe par une palette de composantes des plus variées. Du point de vue technique, il utilise les codes de la danse classique, dont la rigueur de la pointe le fascine, tout en les déstructurant pour apporter une vision plus contemporaine et plus compréhensible. Avec subtilité, il a recours aux diagonales de façon à permettre aux danseurs de développer une véritable interaction entre eux. Le pas de deux est également devenu le moment fort de ses ballets narratifs en l’imaginant comme cet instant où l’amour atteint le degré ultime alors que plus rien n’existe autour. L’évolution des danseurs sur scène s’inscrit aussi dans un ensemble plus vaste de réflexions afin de leur offrir l’environnement nécessaire dans lequel ils pourront laisser exploser toute l’authenticité de leur interprétation.

Il réécrit l’argument du ballet classique en quête d’un angle d’approche différent lui conférant une nouvelle modernité. Il opte aussi pour un décor épuré qui permet aux danseurs de s’exprimer pleinement : notre regard est alors uniquement captivé par l’esthétique du mouvement qui s’inscrit dans un environnement qui va servir sa mise en valeur. La scénographie devient un enjeu majeur répondant à la volonté d’inscrire le geste dans un écrin raffiné et élégant. Pour Roméo et Juliette, mais pas seulement, il a fait appel à l’artiste plasticien Ernest Pignon-Ernest. En ce mois d’octobre, l’histoire des amants malheureux se rejoue avec une nouvelle génération de danseurs incarnant cette histoire d’amour qui continue à bouleverser au fil du temps. Car la richesse des ballets que crée Jean-Christophe Maillot tient aussi à cette capacité à se renouveler sans cesse grâce à la personnalité de ses interprètes choisis pour leur faculté de danser avec amour.

29 oct > 1er nov, Opéra de Monte-Carlo, Monaco. Rens: balletsdemontecarlo.com

photo : Roméo et Juliette © Alice Blangero