Monaco rembobine… et regarde devant

Monaco rembobine… et regarde devant

Sous le haut patronage de S.A.R. la Princesse de Hanovre, l’Institut audiovisuel de Monaco dévoile le premier volet (septembre-décembre 2026) de sa 23e saison de projections Tout l’art du cinéma. Entre trésors du patrimoine, pépites contemporaines et célébrations d’archives, voilà une invitation à traverser les époques et les formes cinématographiques.

Il y a, dans la démarche de l’Institut audiovisuel de Monaco, cette exigence d’allier la mémoire du 7e art au plaisir des salles obscures. Pour sa Saison 23, la programmation automnale ne déroge pas à la règle : un parcours à travers l’histoire du cinéma, naviguant entre burlesque, drames et curiosités d’archives.

Un automne avec des géants

Dès le 22 septembre, la saison s’est ouverte avec Playtime (1964) de Jacques Tati. Balade chorégraphique et sonore dans une capitale de verre et d’acier, la fresque visionnaire de Tati entre particulièrement en résonance avec l’architecture moderne du Grimaldi Forum où il a été projeté. On retrouve dans ce film un goût du détail et du jeu entre l’image et le son qui fait écho à Jour de fête (1947), premier long métrage du même auteur, à l’affiche le 17 novembre au Théâtre des Variétés.

Autre classique du cinéma social, Les Temps modernes (1936) de Charles Chaplin investira la Salle Garnier le 4 novembre. Charlot happé par les rouages de l’industrialisation dans le cadre de l’Opéra de Monte-Carlo : le ciné-concert sera dirigé par Frank Strobel, en partenariat avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. 

Et, pour poursuivre cette traversée du cinéma classique, la Salle Garnier accueillera, le 22 novembre, L’Homme au bras d’or (1955) d’Otto Preminger, avec Frank Sinatra dans le rôle d’un musicien de jazz confronté à la dépendance. La séance est proposée dans le cadre du label Jazz et cinéma, en partenariat avec le Monte-Carlo Jazz Festival, qui célèbrera ses 20 ans du 18 au 29 novembre.

Sensibilités contemporaines et pépites oubliées

Mais la programmation ne s’enferme nullement dans la nostalgie. Elle s’ouvre aux écritures d’aujourd’hui et aux regards singuliers. Le 6 octobre, Voyages en Italie (2022) de Sophie Letourneur insuffle sa drôlerie décalée au Théâtre des Variétés, suivi le 10 novembre par Valeur sentimentale (2025) du Norvégien Joachim Trier. 

Le cinéma d’animation trouve aussi sa place le 1er décembre avec La Traversée (2020) de Florence Miailhe, film réalisé à partir de peinture, de pastel et de sable animés directement sous la caméra. La cinéaste sera présente pour la séance, animée par Jean-Paul Commin, producteur et ex-directeur général adjoint de France Télévisions Distribution, et Jacques Kermabon, programmateur à l’Institut audiovisuel de Monaco.

Côté patrimoine cinématographique, la saison offre plusieurs détours : du néoréalisme de Giuseppe De Santis avec Pâques sanglantes (1950) au cinéma de Shôhei Imamura avec Pluie noire (1988), consacré aux conséquences du bombardement d’Hiroshima. La comédie américaine classique n’est pas oubliée avec L’Aventure d’une nuit (1939) de Mitchell Leisen, qui viendra conclure ce premier volet le 15 décembre.

Le roman d’amour de Monaco

L’originalité de l’Institut monégasque réside enfin dans son lien avec le territoire et ses archives. Comme en témoigne la ciné-conférence Mariage à Monaco, l’événement médiatique de l’année 1956, en compagnie de Vincent Vatrican, autre programmateur à l’Institut audiovisuel de Monaco, et de l’historien Thomas Fouilleron, avec la projection du film Le Mariage de Monaco de Jean Masson, récemment restauré, le 16 octobre.

En écho, la séance Le « Mariage du siècle » vu par la télévision et le cinéma, le 10 décembre dans La Petite Salle de l’Institut, confrontera les regards de Télé Monte-Carlo et du cinéma sur les célébrations du mariage de Rainier III et Grace Kelly en 1956. De quoi rappeler que le cinéma est aussi une affaire de mémoire, d’archives et de regards portés sur le monde.

Rens: institut-audiovisuel.mc

photo : Jour de fête de Jacques TATI (1940) © Les Films de Mon Oncle. Coll. IAM