Eiffel, rock protéiforme

Eiffel, rock protéiforme

Ça faisait un bail qu’on ne l’avait pas croisé dans la région ! Eiffel sera en concert au Mas d’Hiver à Puget-sur-Argens, le 27 novembre prochain.

Pour ceux qui ne connaissent pas Eiffel (grave erreur), c’est un groupe originaire de Bordeaux, créé et mené par Romain Humeau, chanteur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste et réalisateur. Le mec sait tout faire. Surtout composer du bon rock à guitares, avec des textes très poétiques, ponctuellement politiques, chantés en français – ce qui est tout de même de plus en plus rare. Bordeaux, rock, textes dans la langue de Molière à l’exigence littéraire certaine… Je vous vois venir ! Effectivement, la référence à Noir Désir nous vient forcément à l’esprit.

D’autant que le lien entre les deux formations va au-delà de la simple parenté musicale. Romain Humeau a rencontré le groupe lors de l’enregistrement de Des visages des figures, le dernier album de Noir Désir, en 2001, avant de collaborer à nouveau en 2008 sur une reprise du Temps des cerises, chanson révolutionnaire écrite par Jean-Baptiste Clément et mise en musique par Antoine Renard. Bertrand Cantat reviendra ensuite prêter sa voix aux chœurs du morceau qui donnera une plus grande audience à Eiffel : À tout moment la rue, sorti en 2009.

Mais réduire Eiffel à un simple successeur de Noir Désir dans le cœur des amateurs de rock français serait un peu trop facile. Influencé par Bowie, les Pixies et les Beatles, mais aussi par Bach, Brel, Vian ou Coltrane, Eiffel est en révolution permanente. Son 7e album, La peur et le vent, sorti en 2025, en témoigne. Un opus « fortement inspiré par les trucs qui m’ont traversé les oreilles pré-adolescent… les Eighties« , raconte Romain Humeau. « Pas ceux des machines mais ceux des albums dits « joués » : Thriller, Let’s Dance, Scary Monsters et tutti quanti…« 

Un virage musical teinté de soul, alliant sonorités eighties et froideur du monde actuel, donc. Hors des standards du rock, notre homme se plaît à brouiller les pistes, dans sa musique comme dans ses textes : « J’ai fait des trucs grunge, j’en referai peut-être demain, c’est pas le problème. J’aime le hardcore japonais, j’aime le jazz, la musique classique, la musique baroque, la salsa, j’aime tout. » Quel que soit le son, en fait, on s’en fout. Car ceux qui ont déjà vu Eiffel en concert s’en souviennent longtemps. Et franchement, c’est tout ce qui compte.

27 nov, Le Mas d’Hiver, Puget-sur-Argens. Rens : lemas-concert.com

photo : Eiffel © Marie d’Angleville