04 Nov Un grand bain révélateur d’images
À Villeneuve-Loubet, 8 lieux publics et privés ouvrent leurs portes pour la Quinzaine de la photographie : expositions et événements répondent au thème des Territoires habités, avec des propositions particulièrement variées traçant l’histoire singulière du territoire en faisant revivre de rares images d’archives et valorisant la pluralité des regards de la photographie contemporaine.
Pour cette 1e édition, l’invité d’honneur, François Deladerrière, propose à l’Espace Culturel André Malraux – Château des Baumettes un dialogue historique avec sa série Nice et Savoie, un regard contemporain où il révèle par des prises de vue millimétrées l’évolution de nos territoires. En 1864, Napoléon III avait souhaité présenter la Savoie et de Comté de Nice récemment rattachés à la France ; les gravures ainsi réalisées par Félix Benoist dialoguent avec les images du photographe.
À la Villa Barbéris, Roberto Giangrande rend compte de très nombreux projets d’envergure, mais inachevés (Incompiuto en italien, titre de l’exposition) : parkings vides, hôpital inoccupé, autoroute sans issue… En cause, des malfaçons, des montages financiers obscurs, des lourdeurs bureaucratiques, et en effet des paysages aux courbes et aux lignes imposantes… et absurdes. Dans cette villa, jadis atelier de menuiserie au sortir de la 2e Guerre mondiale alors que la reconstruction exigeait de grands moyens, de la créativité et des innovations techniques, une exposition d’archives de la famille Barbéris retrace les années 50 et 60 quand de nombreuses collaborations mêlaient l’esprit d’entreprise familiale, l’engagement politique et la création artistique avec des créations de Guy Rottier, Le Corbusier, André Wogenscky ou André Bruyère.
Le charmant parc des Petits Princes du Pôle culturel Auguste-Escoffier accueille quant à lui une exposition de Willy Ronis (1910-2009), proposition du GrandPalais-RMN. Willy Ronis était l’un des fondateurs de l’école humaniste née il y a 100 ans dans les rues de Paris, un mouvement de photographies du quotidien qui plaçaient l’humain au cœur, dans son environnement de travail et de vie.
Au Musée d’histoire et d’art, c’est par un État des lieux que le photographe Orphée Grisvard Pontieux rend compte de ses observations villeneuvoises : il observe avec méthode les formes, les ruptures et les continuités de la ville, s’attarde sur les traces laissées par les activités humaines et compose ses paysages urbains en donnant à la nature, sauvage ou maîtrisée, un rôle central.
À voir aussi, les Duos urbains du Collectif Photon à l’Espace Tosti, Le Passé ranimé de Patrice Chaminade qui rehausse photos anciennes et cartes postales noir et blanc de ses créations graphiques à la Maïoun des Granouiés, la Beauté à la loupe de Loïc Leterme pour voir la faune minuscule en grand à la médiathèque Jean d’Ormesson, un parcours de photos grands formats retraçant la vie d’Auguste Escoffier dans le musée d’art culinaire qui porte son nom… Et de nombreux événements : vernissages, rencontres avec les artistes, projections de films, ateliers d’initiation à diverses techniques, visites accompagnées… Un programme à retrouver sur le site de la ville et des images proposées sur le mobilier urbain pendant l’événement. Un véritable bain photographique.
9 > 23 nov, lieux divers, Villeneuve-Loubet. Rens: villeneuveloubet.fr
photo : Le port de Nice, 2009 © François Deladerrière