Une rhapsodie africaine

Une rhapsodie africaine

Après les hommages à John Coltrane, dont on célèbre le centenaire un peu partout, la saison de Jazz à Porquerolles accueille le quintet de Leïla Olivesi, le 28 novembre au Théâtre Denis à Hyères, autour de son dernier répertoire, African Rhapsody, qui déroule la tapisserie de l’histoire du jazz. 

Le titre, à lui seul, est une évocation multiple de cette épopée… La rhapsodie, d’abord, qui suggère la liberté de forme, la broderie changeante autour d’un même thème et, bien sûr, quelques jalons marquants de ce parcours. La Rhapsody in Blue de Gershwin, présente en filigrane, fait ainsi écho à une précédente composition de Leïla, Rhapsody in Black.

Quant à la référence à l’Afrique, elle s’impose non seulement par les origines franco-mauritaniennes de la musicienne, mais aussi par le travail sur les rythmiques et les climats que le jazz doit au continent africain. Au fil de l’interlude Afro Queen, on retrouve une référence centrale à Duke Ellington avec Little African Flower, écho sensible à l’un des morceaux emblématiques du compositeur, qui mêle climat afro-américain, harmonies bluesy et balancement communicatif. On y entend aussi un clin d’œil à l’un des compositeurs les plus singuliers de cette musique avec Wayne Left Town, en hommage à Wayne Shorter, ainsi que quelques pièces qui rappellent les racines corses de la musicienne.

Car Leïla est bien sûr pianiste, mais c’est tout autant la compositrice qui a attiré l’attention et accumulé les récompenses ces dernières années : prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, Trophées du Sunside, prix du Concours international de composition pour grand orchestre… Ajoutez à cela un quintet de choix, avec Donald Kontomanou, l’un de nos batteurs les plus inventifs, Manu Codjia à la guitare et Adrien Sanchez au saxophone, et vous obtenez un cocktail savoureux, pour une douce ivresse musicale.

La semaine précédente, c’est à l’Église anglicane que Jazz à Porquerolles programme le Duo Brady avec La Vie d’après, une rêverie musicale autour de futurs possibles, où les deux violoncellistes Michèle Pierre et Paul Colomb auront fait dialoguer improvisation, musiques actuelles et imaginaire science-fictionnel.

Duo Brady, 21 nov, Eglise Anglicane • Leïla Olivesi 5tet, 28 nov, Théâtre Denis. Hyères. Rens: jazzaporquerolles.com

photo : Leïla Olivesi © Gérard Beckers