07 Oct L’envie d’être soi
En octobre, le Théâtre de L’Escale accueille Viriles, création de la Cie Kynlaus qui questionne les représentations de la masculinité. Un spectacle programmé dans le cadre du Salon Ph’Art.
Pour Alizé Hernandez, la création s’est très rapidement imposée comme une évidence, nourrie par l’envie de porter sa propre identité artistique. Pour donner corps à ce projet, elle crée la Cie Kynlaus qui réunit autour d’elle cinq danseuses dont la singularité de chacune lui permet de développer une dynamique spécifique issue de leur complémentarité.
Après une première création en 2021 au cours de laquelle elle prend ses marques, elle se lance dans la création de Viriles, qui soulève un questionnement qui va bien au-delà de la seule recherche d’une beauté esthétique. On y voit clairement l’envie de donner un coup de pied dans tous les stéréotypes qui ont encore la vie dure lorsque l’on s’interroge sur ce que signifie être un homme dans la société d’aujourd’hui. C’est la lecture du livre de Didier de Buisseret, Des hommes en chemin, qui l’interpelle.
Avec Viriles, elle s’attache à déconstruire l’image imposée par la société pour mettre en valeur ce que les hommes ont bien souvent envie d’être. Contrairement à l’adage selon lequel un homme ne pleure pas, ils peuvent s’autoriser à être traversés par des émotions, à être eux-mêmes, y compris dans leur vulnérabilité. La pièce se compose de 5 personnages inventés mais inspirés de rencontres du quotidien qui cachent sous des apparences leur véritable nature. Cette histoire d’hommes est interprétée par des femmes qui ont puisé dans la part masculine existant au fond d’elles. Dans le tourbillon dansé du spectacle, les identités masculin-féminin se confondent.
Alizé Hernandez a également consolidé sa recherche chorégraphique par un travail sur l’acting. Il aboutit à un sentiment d’authenticité grâce au travail sur les émotions profondes ; les intentions deviennent visibles sur le visage et dans le jeu des interprètes. Au final, « seule l’âme ressort« .
D’année en année, Viriles séduit les publics les plus divers, que ce soit en salle ou en partant à la rencontre des autres à l’occasion des festivals de rue.
31 oct, L’Escale, La Garde. Rens: theatrelescale.fr
visuel: Viriles © Duy Laurent Tran