Le rire en décalage

Le rire en décalage

Têtes d’affiche, jeunes talents, comédies… Le Festival du Rire de Saint-Raphaël revient pour une 23e édition, du 7 au 17 octobre à la salle Félix Martin.

Si cette année l’évènement accueille Elie Semoun en tête d’affiche, pour son dernier spectacle Cactus, que dès son ouverture, il aligne une soirée de gala avec quelques pointures telles que Marion Mezadorian, Mathieu Madenian et Alex Vizorek, ou qu’il donne la chance à de jeunes talents comme Alfred H et Veufla, vainqueurs du tremplin 2025, le Festival du Rire invite aussi Paul de Saint Sernin, personnage atypique qui s’est fait connaitre du grand public comme « sniper » dans l’émission Quelle époque ! sur France 2.

Ancien journaliste sportif, passionné de football, qu’il pratique encore, Paul de Saint Sernin a fréquenté les rédactions de Canal+, de L’Equipe 21, de Téléfoot, d’Amazon Prime. Bien qu’il ait aujourd’hui quitté les plateaux pour la scène, après des années de comedy clubs, il raconte comment ce sport a constitué pour lui un moyen d’intégration : « Sans tomber dans les clichés, quand tu t’appelles Paul de Saint-Sernin, que tu as la gueule de Louis XVI, tu peux vite être à la marge. Le foot a été plus qu’un sport, un moyen de m’inclure dans le monde. Mon spectacle parle de décalage, des moyens pour se sentir accepté dont le foot. » Sur scène, le football reste donc une référence, mais il a choisi de ne pas en faire le sujet exclusif de son spectacle. Car sa singularité tient aussi à sa manière d’envisager la vanne : provoquer, oui, mais en recherchant le rire partagé plutôt que la mise à terre. « Ce qui surprend les gens, c’est qu’ils connaissent le gars de la télé qui est un peu froid, cynique, qui tire sur des gens. Sur scène, c’est de moi que je me moque« . Son seul-en-scène déplace ainsi le curseur : derrière le personnage incisif de la télévision apparaît un humoriste plus personnel, qui puise dans son enfance, son rapport à la différence et sa neuroatypicité. « Des mères de famille viennent me voir en pleurant et me disent merci, vous m’avez donné de l’espoir pour mon fils. »

Un personnage qui colle parfaitement à l’image de ce festival, sympathique et généreux, qui s’associe chaque année à l’opération Octobre Rose : 1 € est reversé pour chaque billet vendu au service oncologie du Centre Hospitalier Intercommunal de Fréjus-Saint-Raphaël. En 2025, 1 689 € avaient ainsi été récoltés.

7 au 17 oct, Salle Félix Martin, Saint-Raphaël. Rens: ville-saintraphael.fr

visuel: Paul de Saint-Sernin © Léa Rouaud