07 Oct Chanson sans filtre
Un quart de siècle qu’elle bouscule les codes de la chanson française, munie de sa fougue et de son piano : Jeanne Cherhal revient fouler les planches de la région cet automne : le 15 octobre à Antibes et le 5 novembre à Sanary.
Quiconque a déjà vu Jeanne Cherhal sur scène sait qu’elle ne se contente pas de jouer du piano. Au plateau, la Nantaise n’exécute pas un répertoire : elle sculpte l’espace, fait corps avec son instrument et habite la moindre rupture de rythme. Depuis ses débuts en 2001, elle déploie cette énergie singulière, mi-poétesse piquante, mi-rockeuse électrique, capable de faire frissonner tout un parterre avant de faire mouche en sortant un trait d’esprit bien senti.
Quinze ans après avoir disséqué la vie de couple avec Benjamin Biolay, à coups de Post-it collés sur le frigo dans Brandt Rhapsodie, Jeanne Cherhal a confié la réalisation de son nouvel opus à son complice de longue date. Un disque sobrement baptisé Jeanne, et pourtant décomplexé. On y croise JEAN, déclaration hilarante et charnelle adressée à un Jean Dujardin devenu fantasme national, ou encore La maman et la putain, où elle s’attaque aux vieux carcans moraux avec sa malice habituelle. Ça parle de désir cash, de corps qui changent et de liberté sans filtre : une bouffée d’air chaud qui célèbre le plaisir d’être soi, sans fard ni fausse pudeur.
Mais c’est sous les projecteurs que la magie prend toute son ampleur. Avec son groupe, la complicité saute aux yeux dès les premières mesures. Pas de pose, pas de manières : juste du plaisir, de l’électricité dans l’air et une sacrée envie de faire corps avec le public. Presque deux heures d’énergie qui rappellent pourquoi on aime tant aller voir des artistes en vrai.
15 oct, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr
5 nov, Théâtre Galli, Sanary-sur-Mer. Rens: theatregalli.com
photo : Jeanne Cherhal © Jean-Francois Robert