L’éternelle jeunesse baroque

L’éternelle jeunesse baroque

Avec L’Éternelle jeunesse pour fil rouge de sa saison 2026-2027, l’Ensemble Baroque de Nice poursuit un travail engagé il y a plus de quatre décennies : faire vivre un répertoire ancien en le confrontant aux interprètes et aux auditeurs d’aujourd’hui.

Quelle belle idée que celle de l’Ensemble Baroque de Nice de célébrer L’Éternelle jeunesse cette saison, lui qui se renouvelle chaque année pour faire revivre un répertoire toujours actuel, bien qu’ancien. « Je suis toujours heureux de jouer de la musique comme si j’avais dix ans« , disait Michel Portal. Une phrase que l’ensemble niçois a souhaité mettre en exergue dans son programme et qui pourrait lui servir de devise, tant la curiosité et le goût de la découverte sont au cœur de son projet. Comme l’explique son fondateur et directeur musical, le violoniste Gilbert Bezzina, la musique a cette force, telle le Phénix, de renaître perpétuellement sous l’impulsion de ceux qui la jouent. Curieux, passionné, il ne se lasse pas de partir à la découverte de nouvelles partitions ou de nouvelles interprétations. 

L’ensemble qu’il a créé en 1982 explore entre les répertoires, sacrés ou profanes, qui parfois se confondent et sont au cœur du projet de l’ensemble, comme dans les Concertos grossos signés Scarlatti au programme du premier concert de la saison, le 9 octobre. Suivront Bach à deux clavecins en novembre, avec Arnaud Di Pasquale et Mathilde Mugot, Haendel et l’intégrale de ses sonates en trio en décembre, Rameau et ses pièces de concert en avril, avec notamment Federica Basilico à la viole de gambe : les grands maîtres sont toujours au programme de l’Ensemble Baroque de Nice, prêts à renouveler notre écoute.

Transmettre, renouveler, partager

Le thème de la saison peut aussi bien s’appliquer à l’ensemble qu’à son directeur musical, qui a célébré ses 80 ans en 2026. Lui qui s’est intéressé à la musique baroque dès l’âge de 17 ans, grâce aux Partitas de Bach offertes par sa tante. « J’ai été très pratiquant durant trois ans« , glisse-t-il avec humour, alors qu’il allait régulièrement à l’église écouter l’organiste René Saorgin. « Et ce qui est vrai pour l’orgue doit être vrai pour les autres instruments« , poursuit-il. Il accompagnera ainsi, avec son instrument ancien, le renouveau de la musique baroque en France au XXe siècle, avec une volonté farouche de transmettre sa passion. Comme en témoigne la création par les musiciens de l’Ensemble Baroque de Nice d’un collectif destiné à porter le projet de la formation niçoise dans des formats plus souples, pour faire découvrir la musique baroque à des publics éloignés ou dits empêchés. Une sorte de projet passerelle pour prolonger et transmettre l’héritage de l’EBN auprès de nouveaux auditeurs.

L’intérêt que les œuvres suscitent est également source d’inspiration pour les musiciens, ainsi que Gilbert Bezzina et Laura Corolla aux violons nous le feront entendre, en confrontant Bach à Ysaÿe, violon baroque et violon moderne, le 12 février. Le violoncelle et son répertoire peu connu ouvriront d’ailleurs l’année avec un concert imaginé par le violoncelliste de l’ensemble Daniele Bovo, le 15 janvier. 

L’ensemble invite régulièrement des artistes de réputation internationale et ce sera le cas, le 19 mars, avec Le Concert de l’Hostel Dieu, ensemble lyonnais dirigé par Franck-Emmanuel Comte, autour du thème de la Follia et des tarentelles, ces danses hypnotiques qui conduiront le public sur les bords de la Méditerranée, du sud de la péninsule Ibérique aux terres italiennes. 

La saison se terminera par les Leçons de ténèbres de Marc-Antoine Charpentier, que chantera un familier de l’ensemble, le baryton Edwin Crossley. Et, comme toujours, soulignant ainsi que les questions évoquées par la musique se retrouvent souvent dans d’autres œuvres, l’ensemble programme, parallèlement aux concerts, des projections au cinéma Jean-Paul Belmondo, qui s’intéresseront à l’idée de la jeunesse, de sa perte, de son éternité…

Rens: ensemblebaroquedenice.com

photo : Ensemble Baroque de Nice © Lionel Bouffier