04 Nov Le soulèvement d’un homme
Classique du théâtre romantique du XIXe siècle, Lorenzaccio est aussi l’une des œuvres les plus connues d’Alfred de Musset. Le metteur en scène David Bobée adapte cette fresque florentine et lui restitue son essence populaire, au sens premier du terme. À voir les 4 et 5 décembre prochains au Carré Sainte-Maxime.
Connu pour son exigence artistique et son engagement politique, David Bobée propose une nouvelle adaptation très personnelle de l’œuvre d’Alfred de Musset, avec une distribution intergénérationnelle qui représente la diversité culturelle et sociale de notre pays. Il interroge ainsi le monde contemporain, la violence, la tyrannie des puissants et le devoir de résistance. Lorenzaccio nourrit le désir d’assassiner son cousin, le duc Alexandre de Médicis, despote qui a transformé Florence en capitale du vice et de la débauche. Il espère que la mort de ce dernier provoquera le soulèvement du peuple contre la tyrannie.
Cette pièce est une véritable fresque, puisqu’elle se déploie sur 39 tableaux répartis dans 25 lieux, de Florence à Venise. Un gros morceau donc, qui n’a pas effrayé David Bobée et la scénographe Léa Jézéquel. Ensemble, ils imaginent un décor monumental, d’inspiration brutaliste, ouvert sur la cité, métaphore de l’espace citoyen : des piliers de béton inachevés, semblables à des colonnes brisées, qui semblent avoir été conçus pour soutenir une ville majestueuse, mais dont les fondations restent inachevées.
Dans sa démarche politique, David Bobée rend également hommage au travail de George Sand, dont Musset s’est largement inspiré pour Lorenzaccio. Les recherches de l’autrice ont nourri son texte Une conspiration en 1537, à l’origine d’une grande partie de la pièce. Sa contribution, longtemps restée dans l’ombre, est ici remise en lumière.
Cette nouvelle adaptation de Lorenzaccio développe par ailleurs une problématique terriblement ac-tuelle : le sentiment de vacuité de la jeunesse face à la politique et le pouvoir de l’action collective. Des sujets qui résonnent particulièrement aujourd’hui et qu’il est essentiel de faire entendre.
4 > 5 déc, Carré Sainte-Maxime. Rens: carre-sainte-maxime.fr
photo : Lorenzaccio © Frédéric Iovino