04 Nov Nuit parisienne à La Havane
Quelle bonne idée ont eu ces deux-là de se rencontrer, de s’écouter et de s’associer, alors même qu’ils viennent d’horizons si différents ! Leur dernier répertoire, Nuit parisienne à La Havane est particulièrement séduisant et varié. Les deux hommes l’interpréteront à Mougins, le 28 novembre.
Une musique souvent tranquille, au lyrisme calme et prenant, aux antipodes de l’exercice de démonstration virtuose. Une musique qui ralentit le temps et nous installe dans une cadence sereine et introspective, qui se révèle au fil du jeu : justesse du toucher, du timbre et de la note, sans effort ni effet, avant de s’emballer parfois dans des élans irrésistibles. Voilà ce qui attend le public.
Les deux artistes sont des experts de leur instrument. Roberto Fonseca est un pianiste cubain, passé par cette école impitoyable qui forme d’incomparables athlètes du clavier. Il est de la trempe des meilleurs pour le swing, le crépitement, la mise en place : toute une culture de la clave, cette syncope tropicale, ce déhanchement contagieux pour qui sait l’attraper. Même s’il s’est frotté à toutes les formes de jazz et si son expérience déborde largement les côtes de son île, il garde la mémoire et la jubilation du Buena Vista Social Club, auquel il a participé. Alors, sous ses doigts, inopinément resurgit le souvenir romantique d’un vieux boléro et, au-delà, celui de toute la musique classique cubaine, illustrée par d’immenses compositeurs du XXe siècle.
Ce passé facilite l’entente profonde qu’il entretient avec Vincent Ségal, violoncelliste lui aussi de culture classique, familier de l’Ensemble intercontemporain et rompu à de multiples traditions extra-européennes, de la rumba congolaise de Papa Wemba aux rythmes brésiliens de Naná Vasconcelos. Vincent Ségal aime l’intimité du duo, comme on le sait depuis ses échanges avec le batteur Cyril Atef au sein de Bumcello. Autant dire que cette nuit cubano-parisienne est bien tentante !
28 nov, Scène55, Mougins. Rens: scene55.fr
photo : Vincent Ségal & Roberto Fonseca © Johann Sauty