04 Nov Mass Hysteria : plus que du métal !
« Un bloc de métal en fusion lancé à 200 km/h. Riffs qui scalpent, groove marteau-piqueur, slogans français taillés pour des salles bondées… » Voilà comment se présente Mass Hysteria à l’heure de célébrer plus de trois décennies d’activisme musical, à l’occasion de la tournée Sans détour, qui fera halte à Toulon le 20 novembre, grâce à la SMAC Tandem. Une soirée 100 % Mass Hysteria, avec apéritif, entrée, plat, dessert et digeo !
Plus qu’un énième groupe de metal, Mass Hysteria, formé en 1993, a su fédérer plusieurs générations pour devenir sans doute l’un des plus grands groupes français, tous genres confondus. J’assistais à leur dernier concert dans la région, en 2024, au Mas d’Hiver, à Puget-sur-Argens, lorsqu’une enfant de 5 ou 6 ans montait sur scène, casque sur les oreilles. Le chanteur Mouss Kelai demande alors s’il y a d’autres minots dans la salle… Cinq minutes plus tard, une trentaine de gamins, de 5 à 12 ans, étaient sur scène en train de sauter sur l’un des hymnes du groupe, Furia. Un concert de Mass Hysteria, c’est ça, familial et violent (musicalement) à la fois ! On gueule, on saute, on tombe, on nous relève et on scande des titres en forme de slogans. Car Mass Hysteria, c’est la culture live par excellence, avec ses hymnes à la tolérance et cette folle liberté qui embrase chacun de leurs sets…
Le groupe a su grandir avec ses fans et évoluer, passant de deux albums aux fortes sonorités indus, Le Bien-être et la Paix (1997) et Contraddiction (1999), à un son plus nerveux et massif, amorcé avec Failles (2009). Il s’est aussi essayé à des sonorités plus rock avec un album éponyme (2005), le fameux « album noir », décrié par une partie des fans malgré ses qualités… et trois textes écrits par Miossec. Nouvelle preuve que Mass Hysteria, c’est Plus que du métal, comme le groupe le chantera dans Matière Noire (2015) : « La foudre est pour nous ce que la pluie est à la danse indienne / Jeunes, vieux et la marmaille en mode geek ou à l’ancienne / Tous les corps de métier viennent et se déchaînent. » Dans cet opus, les riffs se font plus thrash et les textes marquent une rupture, avec un propos plus engagé. Période oblige… D’ailleurs, quand la plupart des groupes s’assagissent avec l’âge, Mass Hysteria célébrait ses 25 ans avec Maniac (2018), sans doute l’un de ses disques les plus violents.
En 2023, le groupe revenait avec Tenace. Nouvelle claque. Notamment avec Mass Veritas, où trap et metal se mêlent sans vergogne, mais aussi avec une reprise de Où sont tous mes amants ?, chanson réaliste popularisée par Fréhel dans l’entre-deux-guerres, revisitée sur le mode du mash-up. Si les membres du groupe ont désormais bien franchi le cap de la cinquantaine, ils disposent de suffisamment d’expérience pour, paradoxalement, ne jamais se vautrer dans le confort.
Après avoir participé aux plus grands festivals du genre, du Wacken Open Air, en Allemagne, au Hellfest, en France, où leur prestation de 2024 sur la Mainstage, juste avant Metallica, a été immortalisée sur l’album live Vae Soli, le groupe propose aujourd’hui un format plus intimiste avec la tournée Sans détour. Seulement 8 dates en France, dont celle de Toulon, pour revenir sur plus de 30 ans de carrière et des milliers de souvenirs que le groupe évoquera au fil d’une soirée qui débutera par 45 minutes de questions-réponses avec les musiciens, avant un concert rétrospectif qui devrait régaler. Une exposition museum, orchestrée par Corentin Charbonnier (commissaire de l’exposition Metal – Diabolus in musica à la Philharmonie de Paris), ainsi qu’un meet and greet après le concert compléteront cette immersion !
20 nov, Le Live, Toulon. Rens. : tandem83.com
photo : Mass Hysteria © Éric Canto