Matisse et Katz, le goût de l’épure

Matisse et Katz, le goût de l’épure

À Nice, le Musée Matisse met en dialogue le maître du fauvisme et Alex Katz, figure majeure de la peinture figurative américaine.

Il y a parfois des séismes silencieux. En février 1949, à Manhattan, le jeune Alex Katz franchit le seuil de la galerie Pierre Matisse et découvre avec stupeur la modernité des Intérieurs de Vence et des papiers découpés d’Henri Matisse. Aujourd’hui, ce choc esthétique n’a rien perdu de sa force, et l’exposition Henri Matisse – Alex Katz. Le silence de la peinture en fait la pleine démonstration. À l’écart des dogmes de l’expressionnisme abstrait, puis du Pop Art, Katz (centenaire en 2027 !) aura passé sa vie à capturer l’instant fugitif. Mais, sous ses cadrages cinématographiques et ses amples aplats de couleur, bat un cœur matissien. Même obsession du rythme et de la lumière, même refus du récit bavard au profit de la sensation ; chez l’un comme chez l’autre, retrancher relève d’un acte de foi : simplifier la forme jusqu’à l’épure pour mieux laisser chanter la toile. Des œuvres de Katz datant de 1951 aux compositions inspirées des nymphéas réalisées en 2025, les peintures de l’américain entrent en résonance avec celles de Matisse. Un dialogue, sous le commissariat d’Aymeric Jeudy, qui rappelle que la peinture est aussi, parfois, une affaire de regard, de dépouillement et de silence.

28 oct > 18 jan, Musée Matisse, Nice. Rens: musee-matisse-nice.org

photo : Henri Matisse, Odalisque au coffret rouge, Nice, 1927, Huile sur toile, 50 × 65 cm, Musée Matisse Nice, Legs de Madame Henri Matisse, 1960 © Musée Matisse Nice/François Fernandez