Le Minotaure, au fil des arts

Le Minotaure, au fil des arts

La nouvelle saison du Minotaure à Vallauris Golfe-Juan s’annonce comme une programmation exigeante et généreuse à la fois, à commencer par Jean-François Zygel en ouverture.

Le 17 octobre, le Minotaure donne le coup d’envoi de sa nouvelle saison culturelle avec la venue de Jean-François Zygel. Le musicien et compositeur occupe une place singulière dans la création musicale française. Formé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, où il obtient de nombreux Prix, il y enseigne aujourd’hui l’improvisation au piano dans la classe qu’il a fondée en 2002, et son travail de transmission à la radio et à la télévision l’a rendu familier auprès du grand public. Depuis quelques années, il développe des portraits musicaux de villes, en France comme à l’étranger : chaque territoire devient alors pour lui une matière sonore, nourrie par ses observations, ses rencontres et son imaginaire. 

Au Minotaure, il interprètera donc un Portrait musical de Vallauris, récital de compositions improvisées inspirées par la ville, son patrimoine et ses habitants. Une manière de faire entendre autrement la cité de la céramique, à travers les sensations, les images et les atmosphères qu’elle aura suscitées chez le musicien. Et une belle façon d’introduire une saison qui fait dialoguer musique, théâtre, danse et propositions adressées au jeune public, avec des artistes, des formations et des compagnies reconnus. 

D’un genre à l’autre

Le programme navigue effectivement entre les genres. En novembre, Gérard Holtz racontera l’histoire du vélo dans Vive le sport, vive le vélo, tandis que l’Orchestre national de Cannes, sous la direction de Liochka Massabie, mettra en regard la Symphonie Londres de Haydn et la Symphonie Jupiter de Mozart, en décembre.

L’année 2027 débutera en dansant, puisque Hervé Koubi présentera Ce que le jour doit à la nuit. Un spectacle qui a trouvé sa source lorsque le chorégraphe était en périple dans son pays d’origine, l’Algérie, dont il ignorait tout. Se nourrissant de rencontres et d’inspirations nouvelles, il en est revenu en compagnie de danseurs autodidactes avec lesquels il a créé un voyage chorégraphique croisant danses contemporaine, danses urbaines, capoeira et arts martiaux sur des musiques soufies et de Bach. Le mois suivant, le Cannes Jeune Ballet Rosella Hightower proposera pour sa part Soudainement ici, création de Rubén Julliard, tandis qu’Ana Morales explorera le flamenco dans Más que bailes, en avril.

Le printemps sera théâtral : Le Chant des lions, de Julien Delpech et Alexandre Foulon, reviendra sur la rencontre entre Germaine Sablon et Joseph Kessel dans les années 1930, autour de la chanson devenue Le Chant des partisans. Le spectacle a reçu le Molière de la révélation féminine en 2026 pour Marina Pangos. Puis Du charbon dans les veines, de Jean-Philippe Daguerre, plongera dans le monde minier de Nœux-les-Mines en 1958. La pièce, qui a reçu cinq Molières en 2025, clôturera la saison.

Petits formats, grands voyages

Mais avant cela, Le Minotaure proposera, pour la 5e année consécutive, une sélection adressée spécialement au jeune public, constituée de quatre rendez-vous, entre janvier et avril : Le Voyage magique de Melody Choir et Amin Dridi (dès 3 ans), qui entraîne le jeune Tchao dans un périple spatio-temporel ; Tito de la Cie Demi-Lune (dès 5 ans), narrant l’histoire d’un enfant qui part en forêt construire une fusée ; Face à Face de la Cie Par-Allèles (dès 6 ans), mêlant danse hip-hop et mime autour de la question de l’exclusion ; et Cité Céleste, Contes suspendus de la cie Théâtre de Lumière (dès 6 ans), qui associe théâtre, musique et arts du cirque dans un voyage à travers différentes cultures. Une façon de faire découvrir aux plus jeunes les disciplines du spectacle vivant tout en favorisant les rendez-vous en famille.

Rens: vallauris-golfe-juan.fr

photo : Jean-François Zygel © Denis Rouvre – Naïve