À La Licorne, la culture à tout âge

À La Licorne, la culture à tout âge

Pionnière en matière d’éducation artistique et culturelle, la ville de Cannes poursuit le travail engagé autour de l’enfance et de la jeunesse avec sa saison culturelle 2026-2027. Théâtre, danse, marionnettes, cirque, musique, littérature : le Théâtre de La Licorne croise les disciplines et convie les artistes à rencontrer les publics hors les murs.

À Cannes, l’éducation artistique et culturelle constitue un axe essentiel de la politique de la ville. Celle-ci est pionnière dans la démarche 100 % EAC et son Théâtre de La Licorne, Scène conventionnée d’intérêt national « Art, enfance, jeunesse » depuis 2019, est l’un des lieux destinés à promouvoir cette politique culturelle. La saison 2026-2027 illustre défend à nouveau cette ligne avec une programmation destinée aux enfants et aux adolescents, mais aussi aux familles et aux enseignants. D’ailleurs, pas question de rester seulement calé au fond de son fauteuil : la transmission passe aussi par la pratique ! En janvier, un Atelier des métiers du spectacle vivant permettra ainsi de découvrir les fonctions de régisseur général, son, lumière, plateau ou vidéo, et de monter, avec des professionnels, un mini-showcase.

Le lancement de la saison a eu lieu le 25 septembre avec L’Arrière-Pays, présenté aux Arlucs. Nous en parlions dans notre précédent numéro : la Cie Les Trois points de suspension y entraînait quatre adultes dans une expédition à la recherche de l’enfance. Le 9 octobre, suivront The Wackids et leur spectacle Futur 2000, nouveau voyage du trio dans l’histoire du rock, cette fois du côté des années 2000. De quoi préparer le terrain pour une nouvelle édition du Festival P’tits Cannes à You !

Deux semaines à hauteur d’enfant
Du 16 au 31 octobre, P’tits Cannes à You irriguera toute la ville de Cannes et multipliera les propositions pour les jeunes publics. En apparence ouvrira le festival à La Licorne. La Cie Illimitée y mêle théâtre, musique et arts visuels pour interroger ce que l’on montre de soi et ce qui se cache derrière les apparences. Pour les tout-petits, Le Petit Reposé (Cie AMK) proposera une expérience immersive et poétique dès la naissance, tandis que The Roaming, présenté à la Médiathèque de Ranguin, prendra le contre-pied avec une expérience en réalité virtuelle destinée aux plus de 13 ans, imaginée par Mathieu Pradat et inspirée du film noir américain, en particulier de La Nuit du chasseur de Charles Laughton (1955).
Au total, huit spectacles sont programmés par La Licorne, dont Faces à Face, qui clôturera le festival. Ici, le cube devient objet de cirque, de magie et de science, manipulé par un jongleur-acrobate dans un spectacle conçu par Matthieu Villatelle de la Cie du Faro. Si La Licorne constitue le cœur du festival, celui-ci irriguera toute la ville, avec une programmation partenaire qui élargit le terrain de jeu : médiathèques, bibliothèques, musées, espaces culturels, île Sainte-Marguerite et Cineum participent à cette édition. Citons notamment Les Misérables, célèbre fresque de Victor Hugo adaptée par la Cie Chouchenko au Palais des Festivals, ou la tenue du Festival Animazur au Cineum. Une manière de faire circuler les publics et les artistes.

Écritures contemporaines et arts du mouvement

À l’issue du festival, la saison poursuivra son exploration des écritures et des formes contemporaines. Le théâtre y occupera une place centrale avec, entre autres, Je suis trop vert, 3e volet de la trilogie de David Lescot, Rose, voyage lumineux au cœur de l’adolescence du Théâtre Bluff, ou encore Prendre place. Ce dernier rendez-vous, le 30 avril, sera l’un des temps forts du cycle consacré aux écritures théâtrales contemporaines. En amont, la Cie Les Veilleurs et des élèves de l’ERACM iront dans les collèges et lycées pour une lecture de textes contemporains autour d’une question : sommes-nous inadaptés au monde, ou bien est-ce le monde que nous avons mal pensé ? Une réflexion que prolongera ce spectacle d’Émilie Le Roux et Samuel Gallet.

Ce cycle proposera également des formes hybrides comme Prométhée la révolte (Cie Les Anges au Plafond), création présentée au Festival In d’Avignon en 2025, qui associe théâtre et marionnettes géantes !

Désormais annuel, le Festival de Danse – Cannes Côte d’Azur accueillera au cœur de sa programmation le spectacle Coquilles de la chorégraphe Amala Dianor, mais aussi l’installation sonore et chorégraphique immersive pour enfants dès 6 ans et leurs familles, Corps Sonores Juniors, créée par le chorégraphe et danseur-masseur Massimo Fusco.

Arts du corps encore, avec les arts du cirque que déclinera M.A.I.S.O.N (Cie SCoM) et Mathieu au milieu, fable aux accents tendres et grotesques portée par un comédien et un contorsionniste, sur un texte d’Antonio Carmona.

De textes, il en sera largement question lors de la Boum Littéraire, qui revient pour une 2e édition, le 22 janvier, dans le cadre du Midem. Les auteurs Fabrice Melquiot, Marion Aubert et Emmanuelle Destremau composeront en deux jours une histoire en six épisodes à partir d’une playlist de six morceaux : chaque épisode doit se terminer par le titre du morceau suivant. Lecture, performance et musique se retrouvent dans ce rendez-vous.

Le jeudi, c’est jazz !
Musique toujours, avec les Jeudis du Jazz, au Théâtre Alexandre III, qui continuent d’évoluer et de prendre de l’ampleur au sein de la programmation culturelle cannoise. Après être passés d’un à deux concerts mensuels, ces rendez-vous bénéficient cette saison d’une mise en valeur appuyée, avec un programme spécialement dédié.
La saison démarre le 8 octobre avec Louis Matute. Le guitariste et compositeur suisse présente Dolce Vita, un projet nourri par ses racines honduriennes et par les musiques brésiliennes, le groove et le rock caribéen. Entouré de son Large Ensemble, il développe une musique où écriture et improvisation se répondent. Un concert précédé, pour la première fois lors de ces Jeudis du Jazz, d’une représentation scolaire, donnant à ce premier rendez-vous une dimension directement liée au projet d’éducation artistique de La Licorne – d’autres dates bénéficieront également de ce dispositif.
Le 22 octobre, Marquis Hill prendra le relais. Le trompettiste de Chicago et son Blacktet feront dialoguer jazz, hip-hop, R&B et soul, avant que le Dexter Goldberg Trio ne soit accueilli, le 5 novembre, en partenariat avec le festival Jazz sous les Bigaradiers.
Le programme se poursuivra avec Jultrane, Sophie Alour, Robinson Khoury, Tigrane Kazazian, Knobil, Mélina Tobiana Quintet, Muriel Grossmann, Shems Bendali… et le spectacle Nanan !, destiné aux enfants dès 4 ans ! Ce concert de Lydie Dupuy propose une première rencontre avec le jazz à travers les sons, les rythmes et l’improvisation.

Sortir des murs

La fin de saison renouera avec une autre constante à l’affiche de La Licorne : aller à la rencontre de publics moins habitués aux salles de théâtre. Si les lieux sont encore à définir, on a déjà les dates : le 4 juin, Bâtisseurs de rêves associera danse et escalade avec la Cie Lézards Bleus du grimpeur, danseur, chorégraphe et auteur français Antoine Le Menestrel, et le lendemain, Le Bus Papageno, création de l’Opéra national du Capitole de Toulouse, viendra clore la saison dans l’espace public. Inspiré de La Flûte enchantée de Mozart, cet opéra itinérant conçu pour aller au plus près des spectateurs, sera également présenté dans les collèges du 31 mai au 4 juin. Une fin de saison en tous points fidèle à l’esprit d’une programmation qui fait circuler les publics et les disciplines. 

Rens: cannes.com

photo : L’Amoureux de Madame Muscle © Agnes Mellon