Black’s art lives matter

Black’s art lives matter

Programmer Kehinde Wiley, notamment rendu célèbre pour son portrait de Barack Obama, alors que des marches et autres manifestations se multiplient de par le monde, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter… La ville de Cannes a eu le nez fin !

Du 10 juillet au 1er novembre 2020, le centre d’art La Malmaison accueille une star de l’art contemporain. Son exposition initiée par le Pôle Art Moderne et Contemporain de Cannes (PAMoCC), Peintre de l’épopée, offre à voir une trentaine d’oeuvres qui interroge sur notre perception de la figure noire dans l’art, relativement absente et presque toujours stéréotypée.

Né en 1977 à Los Angeles, Kehinde Wiley travaille entre New York et Pékin. Il s’est “spécialisé” dans les portraits de ces femmes et hommes issus de communautés marginalisées, “invisibles”, traditionnellement exclus des représentations du pouvoir… et de l’histoire de l’art. Ce diplômé de Yale élevé dans la banlieue défavorisée de Los Angeles s’est fait connaître par ses expositions personnelles en institutions et en galeries, et pour ses collaborations atypiques, notamment au travers de portraits de Grandmaster Flash, Michael Jackson ou la conception d’une collection lifestyle Afrique pour la marque Puma. Mais c’est en 2018 que son nom s’inscrit dans les plus grands médias généralistes et spécialisés, lorsqu’il est chargé de réaliser le portrait de Barack Obama. Pour cet homme, obsédé par l’idée de transposer les enjeux de pouvoir dans les canons de l’art, cette proposition fut une aubaine.

S’il a réalisé de nombreux portraits de personnalités mondiales, il sillonne également le monde pour organiser des castings sauvages dans les quartiers défavorisés, à la rencontre de jeunes noirs ou métisses — ou selon ses termes, des personnages “non blancs”. Puisant ses inspirations dans la peinture classique, ses toiles sont remplies de références historiques. Dans un style photoréaliste, il réalise ensuite ses oeuvres sur des toiles à grande échelle, plaçant ses sujets sur des arrière-plans chargés, colorés, aux motifs complexes.

Au-delà de l’accusation ou d’une critique politique, Kehinde Wiley explore la notion d’identité : qu’est-ce qu’être jeune, noir ou blanc, homme ou femme, dominé ou dominant ? Pour l’artiste, “quand vous êtes un artiste noir, on ne vous autorise pas à être complexe. On vous colle une étiquette politique, comme si vous ne pouviez pas aussi être poétique”, déclarait-il au journal Le Monde il y a quelques semaines. À travers cette rétrospective, la première en France, se dessine donc une vision plutôt originale de l’histoire de l’art occidentale.

10 juil au 1er nov, Centre d’art La Malmaison, Cannes. Rens: cannes.com