De la beauté à l’engagement, la poésie vit au cœur de la cité

De la beauté à l’engagement, la poésie vit au cœur de la cité

Poésie, où es-tu ? Existes-tu encore ? Si dans les jours sombres on en vient à se poser la question, l’initiative lancée par l’équipe organisatrice des Journées Poët Poët est là pour nous rassurer. La poésie est partout présente, autour de nous, en nous, dans notre quotidien, dans le silence de la nuit comme dans le bruissement des feuilles. Il suffit juste d’un regard, d’une attention, et la poésie s’offre à nous.

La preuve par 82

Bientôt débutera la 15e édition des Journées Poët Poët. Pour cet anniversaire un peu particulier, les artistes poètes, comédiens, photographes du Poët Buro (Sabine Venaruzzo, Olivier Debos, Frédéric Loison, Ariel Osvaldo Tonello, Sandrine Montin, Marie-Hélène Clément et Eric Clément Demange) ont invité le public à participer à un défi intitulé Appelez la Poésie ! Par le biais d’une vidéo d’une minute, chacun avait la possibilité d’exprimer ses émotions de manière totalement libre. Le résultat est au-delà des espérances. De Nice bien sûr, mais aussi du Québec, d’Italie, de Tokyo, 82 personnes ont offert leur contribution pour répondre à l’urgence poétique à travers une incroyable diversité de messages. Du film réalisé à partir d’un portable au montage vidéo attestant d’une maîtrise technique, de la beauté d’un paysage à la création de poèmes dits pour l’occasion, l’appel à poésie a stimulé l’imagination. Une occasion pour certains « de s’autoriser à faire des choses qu’ils n’auraient pas osé faire », reconnaît Sabine Venaruzzo. « Dans tous les messages, il y a de la générosité : c’est lumineux. Ce n’est pas pour autant un déni de la réalité. »

Les réseaux sociaux ont joué un rôle positif dans cet appel permettant de gommer la distanciation spatiale et de faire jaillir une nouvelle réalité en réunissant les personnes avec sens. « À travers le prisme de la poésie, on ouvre une autoroute vers l’imaginaire où tout est permis ; tant que nous avons nos imaginaires, nous restons libres. Le danger vient du dessèchement de cet imaginaire parfois lié à l’auto-censure de soi-même. Chacun a son pouvoir créateur : il peut être dans la simplicité si l’on reste dans la sincérité et l’authentique. » Devant la beauté de toutes les vidéos reçues, la réalisatrice et vidéaste Catherine Jean s’est spontanément proposée pour réaliser le montage ajoutant sa note artistique à l’ensemble. En attendant, nous pourrons commencer à profiter des évènements autour des Journées Poët Poët qui débuteront le 13 mars.

Un anniversaire tout au long de l’année

Les journées Poët Poët avaient connu un arrêt brutal en mars dernier, reprenant peu à peu leur cours à l’automne. Cette année, il est prévu qu’elles s’étalent tout au long de l’année. Du 15 au 28 mars, de 10h à 18h, toutes les 21 minutes, on pourra profiter de la diffusion des voix des poètes invités depuis 15 ans, au niveau du miroir d’eau de la coulée verte à Nice. L’idée est de « faire surgir la poésie dans le quotidien du passant, de l’enfant, de celui qui s’assoit, sans être pour autant intrusif ». L’artiste Daniel Fillod qui avait réalisé l’affiche des Journées Poët Poët en 2019 a proposé de repeindre les vitrines de la Rue Defly à Nice pour les rendre poétiques ; elles seront visibles du 13 au 21 mars. Le 20 mars à 20h sera également lancé un marathon de la poésie, un Tour du Monde en 24h, sur une idée d’Ariel Osvaldo Tonello, en partenariat avec la revue Recours au poème.

Enfin, parmi les temps forts de ces journées printanières seront organisées des rencontres en milieu scolaire (au Collège Jules Verne de Cagnes-sur-Mer et au Lycée Estienne d’Orves de Nice) avec Salpy Baghdassarian, poétesse arménienne née à Alep ayant fui la Syrie et demeurant désormais en France. Elle viendra accompagnée de la traductrice Souad Labbize. Une intervention aura également lieu au Centre d’information sur le droit des femmes (CIDFF) de Nice, en présence de sa présidente Maître Frédérique Grégoire, avocate. Autant de rendez-vous pour rappeler que la poésie permet parfois de transcender une dure réalité pour agir comme un pansement. La poésie trouve ainsi sa place pleine et entière au cœur de la cité.

Dès le 13 mars. Rens : FB journeespoetpoet

(photo Une : capture d’écran d’une vidéo de l’appel à poésie)

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