Tous au cinéma… pour les droits humains !

Tous au cinéma… pour les droits humains !

Amnesty International est de retour sur le devant de la scène culturelle. Depuis le 8 mai 2021 en ligne, et dès le 19 mai en salles, son festival Au cinéma pour les Droits Humains poursuivra son combat sur les écrans jusqu’au 8 juin prochain.

Déjà commencé, le festival ? Qu’importe. D’ici quelques jours, Au cinéma pour les Droits Humains fera son grand retour dans les salles de la région PACA, du sud de l’Occitanie, et même de la Drôme-Ardèche cette année. Jusqu’au 8 juin. Si le cinéma Jaurès d’Argelès-sur-Mer a répondu à l’appel, c’est surtout les collèges et les lycées qui serviront de lieux de projection. Niveau programmation, le festival garde ses impératifs de toujours : une sélection éclectique et qualitative. Mais surtout, des fictions et des films-documentaires, longs et courts, engagés pour les Droits Humains. Ils défendent, pêle-mêle, la justice, l’égalité, la dignité de tous les êtres humains, la liberté d’expression, le droit à l’éducation ou l’accès à la santé… Dénonçant tantôt l’infâme et les atrocités du monde, mettant aussi en lumière les valeurs humaines et l’entraide. Des projections suivies de débats, en ligne comme dans les salles. Florilège.

Histoires de vies à revendre dans les documentaires

11 longs-métrages documentaires font partie de la sélection. Avec une tête d’affiche : 9 jours à Raqqa de Xavier de Lausanne, qui sera diffusé en avant-première alors qu’il faisait partie de la sélection officielle à Cannes en 2020. Il raconte l’histoire d’une rencontre, entre Leila Mustapha, Kurde et Syrienne, qui a pour mission de reconstruire l’ancienne capitale de l’État Islamique, Raqqa, réduite à un champ de ruines, et une écrivaine française, Marine de Tilly, venue à sa rencontre pour raconter son histoire dans un livre. Cette dernière a seulement 9 jours pour parvenir à ses fins. Elle est d’ailleurs invitée sur le festival pour raconter plus en détail son aventure dans une ville et une région qui n’ont absolument pas pansé leurs plaies. Un docu anti-guerre évidemment, pro-liberté et démocratie qui s’intéresse aussi de près aux relations entre les populations de Raqqa.

Autre long-métrage à traiter de la guerre, et non des moindres : la guerre froide. My favorite war de Ilze Burkovska Jacobsen, raconte le passage à l’âge adulte de la réalisatrice qui a grandi dans la Lettonie du bloc soviétique. Entre lavage de cerveau à la sauce communiste et tentative d’émancipation, la jeune femme de l’époque essaye de trouver une échappatoire à cet environnement et donc sa liberté individuelle. Une des libertés les plus fondamentales dans une démocratie, rappelle Amnesty. Ah, oui, aussi, j’ai failli oublier de le préciser : c’est un documentaire animé. Étrange ? Rare ? Original et réussi, puisqu’il a obtenu le prix sens critique du Festival international d’animation d’Annecy en 2020. Une visioconférence se tiendra avec la réalisatrice.

D’autres films méritent aussi le coup d’œil comme Green boys d’Ariane Doublet, qui raconte l’amitié entre un mineur isolé guinéen et un jeune adolescent normand, ou encore Le Cèdre d’Octobre de Salim Saab, qui revient sur la révolte au Liban fin 2019 en donnant la parole au peuple.

La fiction pour militer

Défendre les droits humains par la fiction, c’est aussi possible. Amnesty International a sélectionné pas moins de 5 longs-métrages. Pas besoin d’aller chercher bien loin pour trouver de la qualité : l’ONG pioche encore dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2020 avec deux films, L’oubli que nous serons de Fernando Trueba, et Rouge de Farid Betoumi.

Le premier nommé sera même diffusé en avant-première. S’il n’est pas un documentaire, il est néanmoins tiré d’une histoire vraie. Celle d’un médecin de Medellín, dans les années 1980, qui lutte pour sortir les habitants de la misère en se posant comme un défenseur des droits humains face aux Cartels qui faisaient la loi à l’époque. Un héros qui ne savait pas se taire malgré les menaces qui pesaient sur lui. Le tout raconté par les yeux de son fils, romancier du livre éponyme dont est tiré le long-métrage. Il a d’ailleurs remporté le prix du meilleur film ibéro-américain à la 35e cérémonie des Goyas, l’équivalent des Césars en Espagne.

Rouge, quant à lui, est une fiction pure et dure, mais n’a rien à envier à la réalité. Il s’attaque à une tout autre problématique : celle de l’environnement et du traitement des déchets industriels. Nour est engagée dans une usine chimique en tant qu’infirmière. Lors d’un contrôle sanitaire dans cette firme pilier de l’économie locale, elle se lie avec une journaliste qui mène l’enquête sur la gestion des déchets. Elles vont toutes deux découvrir d’horribles secrets. Problème : le père de Nour travaille à l’usine depuis toujours. Il en est même le délégué syndical. La jeune femme se retrouve donc face à un dilemme : tout révéler ou se taire pour ne pas trahir son père, dont le rôle est joué par Sami Bouajila, récent lauréat du César du meilleur acteur pour son rôle dans Un fils.

Enfin, comment ne pas parler de l’Ours d’or 2020, Le diable n’existe pas de Mohammad Rasoulof. Il raconte quatre histoires, les destins de quatre personnes dont les récits sont inexorablement liés dans un pays on l’on pratique encore la peine de mort, l’Iran.

Et pleins de petits films pour les petites envies

Amnesty accorde aussi une part importante de sa programmation aux courts-métrages. Ils seront 13, docus, fictions, animés, pour petits et grands. Creepy de Kid’s n Tricks, revient sur la problématique du harcèlement. Le personnage éponyme est un enfant « bizarre » qui n’a pas d’amis à l’école, car il est différent. Bruised, autre petit film d’animation, se passe aussi dans une salle de classe, mais traite cette fois-ci des violences domestiques. Mignon et touchant. À l’opposé, Stop Acid Attack met en garde brutalement contre les attaques à l’acide qui peuvent mettre soudainement fin à des vies. Côté mini-docu, on retrouvera Justice pour Marielle de Léonard Cortana, qui traite du mouvement activiste luttant pour rétablir la justice à la suite de l’assassinat de Marielle Franco, ou encore Land of the free (a perfect place) de Carlotta Piccinini, véritable clip pour le groupe Obsqure & Suz qui raconte un voyage par la mer vers une meilleure vie.

(photo Une : extrait du film 9 jours à Raqqa de Xavier de Lausanne © DR)

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