Théâtres en Dracénie : aux quatre vents

Théâtres en Dracénie : aux quatre vents

52 spectacles, 3 festivals, des rendez-vous à partager en famille, une ouverture festive le 25 septembre… La saison 2021-2022 de Théâtres en Dracénie annonce la couleur avec son affiche officielle : le dieu Eole qu’on imagine souffler un vent de renouveau sur la Culture et dévoilant une programmation pleine de promesses.

Nous avons tellement été sevrés de spectacles ces derniers mois, tellement privés de ces liens que la Culture sait si bien tisser entre nous, qu’on prendrait presque notre pied juste en assistant à une banale présentation de saison culturelle ! En même temps, elle sait y faire Maria Claverie-Ricard. Depuis 6 saisons qu’elle préside à la destinée de Théâtres en Dracénie, la directrice a su rendre fun et plaisants ces rendez-vous annuels parfois pompeux. Pour l’occasion, Thomas Poitevin, que l’on retrouvera en janvier prochain dans Thomas joue ses perruques, seul en scène où il interprète une galerie de personnages imaginés durant le confinement, s’est chargé de réaliser des intermèdes vidéo franchement désopilants dans lesquels il s’est mis dans la peau d’une directrice de théâtre durant la crise sanitaire !

Une dizaine de reports

Très drôle et plutôt réaliste… Car entre les questions de restrictions et de jauges qui changaient au gré des humeurs du gouvernement, des annulations et autres reports à gérer, la période fut loin d’être simple. Les reports justement sont au nombre de 10 sur la saison à venir : les concerts tant attendus de Ben Mazué et de Juliette auront donc bien lieu, tout comme ceux de Will Barber et I Muvrini. Les spectacles de danse Dance n’Speak Easy, ainsi que Hora de la très réputée Batsheva Dance Company aussi. Ce dernier se tiendra lors du festival L’ImpruDanse qui, après deux éditions annulées, devrait dérouler son ambitieuse programmation au printemps 2022, si un variant bien vénère n’a pas exterminé l’humanité d’ici là ! Pour concevoir cette nouvelle édition, « Je me suis fait plaisir », a indiqué Maria Claverie-Ricard, en programmant notamment ce spectacle d’Emmanuel Gat, Lovetrain2020, fresque baroque qui flirte avec la comédie musicale contemporaine optimiste, joyeuse et entrainante, sur une bande-son « eighties » de Tears for Fears, dont elle est fan.

Du côté des minots, le théâtre d’ombres Enfants d’Éléphants et le théâtre tout court de la pièce Le Grand Chut, sous forme d’enquête sonore, sont également reportés. Le second sera à l’affiche du festival PlayBach, en mai prochain. Un événement qui permettra de voir et entendre La combattante Mu Guiying par la troupe chinoise de l’Opéra Wu, ou encore I fall, I flow, I melt, œuvre majeure de Benjamin Millepied en hommage à Bach.

Le clown Boris Arquier, dans Urban & Orbitch, pour la clôture en juin, et La Scortecata, formidable pantomime d’Emma Dante, « l’une des plus grandes metteuses en scène actuelles », se tiendront également cette saison (si tout va bien).

Une saison engagée… et festive

Une saison pleine de promesses, disais-je en introduction, et une saison engagée. C’est une directrice bien décidée à faire réfléchir le public et inciter les électeurs à « mettre les bons bulletins dans l’urne » au second tour des régionales et départementales, pour le maintien de la vie culturelle, qui s’est présentée devant nous ! Une directrice qui n’a pas hésité à donner une certaine dimension politique à sa programmation, notamment au travers du spectacle immersif 1984 du Collectif 8, reporté il y a 2 ans lors de la 1er vague de Covid, et qui aujourd’hui revêt une résonnance particulière. Ou encore avec la création d’Akram Khan, Chotto Xenos, sur le thème de l’immigration ; Maria Claverie rappelant au passage qu’en France comme ailleurs, on a trop tendance à avoir « la mémoire courte »… De même, avec cette pièce d’anticipation de Christine Citti, Dans la fumée des joints de ma mère, qui arrive à faire sourire (à l’image de son titre) malgré le sujet :  celui de la mort programmée. Je pourrais aussi vous citer Nous l’Europe, banquet des peuples de Laurent Gaudé, épopée chorale évoquant le « rêve européen », qui fera écho à la présidence française du Conseil de l’Union européenne en 2022.

Bref, de l’engagement comme on aime à La Strada, mais qui n’empêche pas de s’amuser, de se faire plaisir… En musique, avec Feu! Chatterton ou Flavia Coelho (qui réside à Salernes, a-t-on appris !), en mouvement, avec La Sylphide par le Ballet de l’Opéra de Bordeaux ou You-Me de la Cie Wang & Ramirez, tous deux dans le cadre du Festival de Danse de Cannes. Et bien sûr en famille, avec une dizaine de spectacles accessibles aux plus jeunes, comme La Mécanique du Hasard, mis en scène par Olivier Letellier (Molière jeune public 2010 avec Oh, Boy !)ou l’émouvant spectacle marionnettique L’Enfant Océan par la Cie Asanisimasa…

Si j’ai bien compté, vous avez là un aperçu de 24 des 52 spectacles que compte cette nouvelle saison. Et comme on me dit dans l’oreillette que je dois mettre un point final à ce papier, voici pour terminer une petite liste de grands noms à l’affiche de Théâtres en Dracénie en 2021-2022 : Peter Brook, Michel Fau, Myriam Boyer, Fabrice Murgia, Camélia Jordana, Kader Attou, Elisabeth Schwartz, Garcia Lorca, Shakespeare, Molière, Melville, Mozart

Dès le 23 sept, Théâtre de l’Esplanade & autres lieux en Dracénie. Rens : theatresendracenie.com

(photo : Affichage de la programmation sur la facade du Théâtre de l’Esplanade à Draguignan © FB Théâtres en Dracénie)

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