Les Nuits Carrées ne tournent pas en rond

Les Nuits Carrées ne tournent pas en rond

Cela devient une habitude. Depuis 2007, les Nuits Carrées nous proposent du très lourd. Au programme, trois jours de programmation avec une affiche éclectique, un mélange d’univers musicaux, sur l’esplanade du Pré des Pêcheurs. Et nouveauté cette année, une soirée est spécialement dédiée à la chanson francophone !

Le fort sera pris d’assaut à coups de hip-hop dès le jeudi 22 juin. Et les hostilités commenceront avec Siloh, révélation Riffx 2022. Originaire de Nice, elle a un EP en poche qui lui a ouvert les portes de la scène nationale et elle chauffe les premières parties, entre autres, d’Yseult, Tessae, Ichon, M.I.A. De quoi introduire sereinement Prince Waly pour la suite. Après deux EP et ses deux albums avec Big Budha Cheez, il a su s’imposer comme un artiste qui marque et ses anciennes collaborations (Alpha Wann et Feu! Chatterton) en témoignent. B.B. Jacques, emprunte son prénom à Brel et il cale tout le temps des références à la littérature. Ça suffit pour valoir le détour dans notre époque difficile. Son album Poésie d’une Pulsion et sa participation à Nouvelle École sur Netflix ont fait de lui un chanteur qui pèse autant qu’il divise dans le milieu du rap. Enfin, Jok’Air se chargera de clôturer la soirée. En 2019, avec Jok’Travolta certifié disque d’or, il a mis toute la scène rap devant le fait accompli. Il se chargera de nous rappeler pourquoi.

Cap au large pour le 23 juin avec une affiche musique du monde. Après l’artiste franco-congolaise Kolinga (voir article La Strada n°355), on fait de la place à la brésilienne Bianca Costa, et son mélange de bossa nova, de trap et de baile funk. Et parce qu’il arrive parfois que le talent se transmette, on accueille avec enthousiasme Seun Kuti, fils du légendaire Fela Kuti, pour faire péter un peu d’afrobeat comme on l’aime avec son groupe Egypt 80. Du népotisme juste comme on l’aime. Collaboration électro inédite ensuite, avec Jean-Phi Dary et Jeff Mills dont la simple évocation fait baver pudiquement d’envie. Le premier maîtrise jazz, reggae, funk, l’autre a juste lancé la techno à Detroit. Leur projet commun, The Paradox, est né d’une improvisation lors de jammin’ sessions. Il y a des recettes qui marchent forcément à la perfection. 

Enfin la soirée de clôture met à l’honneur la chanson, et pas n’importe laquelle : la chanson française (bon, un peu belge et suisse aussi… et un peu electro). Pas mal, non ? Après la sobriété de la voix de Cara, la pop du Belge Pierre de Maere est au-delà de la musique. Elle s’exprime par la musique, la mode, la photo et sa gueule androgyne. Il a 23 ans et a déjà rempli un Olympia. C’est presque aussi impressionnant que Jordy. Émilie Simon, artiste avant-gardiste et triple victorieuse de la musique sera également présente lors de cette soirée. Sa voix angélique et son electro-pop vont vous transporter dans un autre monde et vous montrer pourquoi elle cartonne depuis 20 ans. Enfin, on accueille comme il se doit Stephan Eicher pour clôturer les Nuits Carrées. On ne présente plus ce véritable ponte de la chanson francophone qui se permet de nous sortir encore des albums en 2022. Stéphane Eicher mais la dépense le vaut largement.

22 au 24 juin, Pré de Pêcheurs, Antibes. Rens : nuitscarrees.com

photo: Nuits Carrées 2022 © MichaelKhettabi