28 Juin Nice Jazz Festival, des choix cornéliens !
« C’est toujours avec beaucoup de plaisir que l’on s’attaque à la fabrication de la programmation d’une nouvelle édition du Nice Jazz Festival« , indique Sébastien Vidal, directeur Artistique. « Ensuite on entre dans le dur des disponibilités, des négociations, des renoncements, et on bouge ses lignes, on cherche ailleurs… » Eh bien, au regard des artistes à l’affiche du festival, qui se déroulera du 18 au 21 juillet, notre homme a réussi son coup !
Du point de vue du public, la qualité d’une programmation se mesure à la frustration des choix que les soirées vont engendrer. Si l’on se projette facilement sur le programme entre les scènes Verdure et Masséna, ce n’est pas bon signe ; en revanche, si des choix douloureux doivent être arbitrés à chaque changement de scène, c’est le gage d’une belle édition. Et dans ce domaine, le cru 2023 est excellent en ne nous offrant que quatre soirées seulement, mais avec une programmation de haute tenue qui obligera à choisir et à bouger… Les attributs du bonheur au Nice Jazz Festival !
Le Théâtre de Verdure ouvrira le bal avec le pianiste Laurent Coulondre et son projet Meva Festa pour chauffer cette nouvelle édition à coup de jazz latin. Suivra sur scène la pianiste Hiromi avec qui l’on retrouvera dans le line up, à la trompette, un nom légendaire de la musique cubaine, Adam O’Farrill, descendant d’Arturo et Chico. Une autre légende, cette fois de la contrebasse, avec Dave Holland qui se présentera en compagnie de son New4Tet dans lequel on retrouve notamment Nasheet Waits à la batterie pour une rythmique qui s’annonce tellurique. Si j’avoue une préférence pour la scène Verdure, je ne pourrai pas snober la bassiste Adi Oasis dont l’album Lotus Glow m’a fait belle impression. Encore moins le trio Gabriels et sa soul moderne. Quant à Juliette Armanet, les échos de ses prestations live me donnent clairement envie de la découvrir.
Le mercredi, un beau vent de fraîcheur soufflera en première partie de soirée notamment avec le saxophoniste Immanuel Wilkins que j’ai hâte de découvrir sur scène, tout comme le prometteur trompettiste Ludovic Louis. Sur la grande scène, c’est Emile Londonien, dont le premier opus, Legacy, est l’un de mes coups de cœur de l’année. Il sera suivi de Hyphen Hyphen qui est comme à la maison sur la scène Masséna. En fin de soirée, il faudra opter pour l’amour de la musique cubaine avec Yuri Buenaventura et Roberto Fonseca ou le charme de Sir Tom Jones.
Le lendemain, il faudra voler de scène en scène si l’on veut découvrir Edouard Pennes dans son hommage à Django, accompagné d’un quatuor à cordes au Verdure, et entendre la magnifique voix de Jalen Ngonda, fraîchement signé chez Daptone ; choisir de vibrer sur l’afro-beat d’Omah Lay ou sur le projet funk prometteur de Kurt Elling, Superblue, avec le guitariste Charlie Hunter, ainsi que DJ Harrison et Corey Fonville de Butcher Brown. Pour finir, se décider entre Gogo Penguin et Herbie Hancock, accompagné de Terence Blanchard et Lionel Loueke. Cela paraît insoluble.
Et que dire du final, malgré les styles différents. Il faut voir le multi-instrumentiste dont tout le monde parle, Julius Rodriguez ; mais la nouvelle voix soul anglaise d’Olivia Dean est à découvrir également. Il n’y aura pas de replay pour les live du Big Chief Donald Harrison Jr, le génial saxophoniste de la Nouvelle-Orléans, ni pour la mythique section cuivre de Tower of Power : il faudra se résigner. Avant le clap de fin, dernier choix cornélien, la voix magnifique de Diane Reeves pour une fin en douceur, ou l’énergie pleine de chaleur de –M– auprès duquel on retrouvera Gail Ann Dorsey, bassiste de David Bowie.
18 au 21 juil, Théâtre de Verdure & Place Masséna. Rens: nicejazzfestival.fr
photo: Tom Jones © DR