Rêves d’un poète

Rêves d’un poète

À Menton, voici que le musée Jean Cocteau – Le Bastion s’offre une nouvelle scénographie pour présenter l’exposition Le château des mystères, et convoque les personnages qui peuplent le monde imaginaire du Prince des Poètes dont on célèbre le 60e anniversaire de sa disparition. Orphée, Œdipe, anges et étranges extra- terrestres … Suivez le guide.

Axe majeur de l’univers coctalien, Œdipe occupe tout le rez-de-chaussée à travers deux pièces – Œdipe Roi (1925) et La Machine infernale (1932) – évoquées par une série de photos ; la maquette du rideau de scène de l’opéra Œdipus Rex placée en vis à vis de Œdipe et ses filles, l’ultime toile grand format qu’il avait peinte, à découvrir pour la première fois à Menton. 

Dans l’escalier qui mène à l’étage, les anges que Jean Cocteau se plaisait tant à « chasser » ouvrent le passage vers le monde d’Orphée, personnage mythologique en qui le poète voyait son double artistique. Le visiteur se déplace au cœur d’un jeu de glaces positionnées de façon à démultiplier les œuvres mises en abyme. Y aurait-il un autre monde derrière le miroir ? Vérité, illusion. Orphée dessiné sous toutes ses formes. 

Photos, affiches, études de décors évoquent la pièce Orphée tandis que les clichés de tournage de Lucien Clergue témoignent de son dernier long métrage, Le testament d’Orphée (1960) où l’artiste aux mille visages joue son propre rôle. 

Premier film de Jean Cocteau homme d’image, Le Sang d’un Poète (1930) coule en abondance dans la salle du four à travers les symboles et objets qui déjà occupaient Cocteau homme de lettres, et pose les bases de sa filmographie future. Les photos de Sacha Masour captent le climat surréel imbibant un tournage marqué par la touche si personnelle de cet artiste affranchi de toute règle. 

Ainsi l’on apprend que Cocteau était en quête de mondes inconnus et parallèles au point de s’être intéressé aux… ovnis ! « Je suis, sans doute, le poète le plus inconnu et le plus célèbre. » Dernière étape du parcours – dont la scénographie fut conçue par Dominique Marny et Anne-Gaële Duriez comme une invitation à passer derrière le miroir du réel – où sont dévoilés de drôles de dessins de soucoupes volantes et de petits hommes verts cohabitant avec les œuvres ésotériques des Astrologues. Une facette inédite de Cocteau romancier, dramaturge, dessinateur, cinéaste, et, poète avant tout. Michèle Nakache

8 juil au 13 nov, Musée Jean Cocteau – Le Bastion, Menton. Rens: museecocteaumenton.fr
Vue de l’exposition ©Ville de Menton